20-04-21- Vote de la loi « langues régionales ». Des collègues syndiqués à la FSU interpellent leurs directions syndicales

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Chers amis et collègues responsables FSU, SNES, SNUIPP.

Enseignants syndiqués à la FSU, nous tenons à remercier notre fédération et ses syndicats de leur engagement en faveur de l’enseignement de l’occitan et des autres langues de France à l’école publique.

Ce soutien se traduit notamment par un beau travail lors des Conseils académiques des langues régionales, par un suivi des postes et des situations de travail des collègues.

Il s’est aussi traduit par la participation à l’action du 10 octobre 2020 de Montpellier à l’appel du collectif « pour que vivent nos langues » et par de nombreuses signatures de responsables syndicaux pour soutenir cette action http://www.felco-creo.org/07-10-20-action-du-10-octobre-2020-mobilisation-pour-que-vivent-nos-langues-soutiens-syndicaux/.

C’est notamment grâce au travail du collectif « POUR QUE VIVENT NOS LANGUES » que l’Assemblée Nationale a adopté la Loi de Protection patrimoniale et promotion des langues régionales.[1]

Certes ce texte n’est pas parfait, mais il est, 70 ans après la loi Deixonne, l’occasion d’un vrai débat de société, que nous souhaitons voir poursuivi dans notre fédération et nos syndicats, sur le rôle éducatif de nos langues régionales, élément du patrimoine national (art. 75-1 de la Constitution) et leur place dans l’école de la République.

Le vote de ce texte aura aussi été un moment de désaveu pour notre ministre et ce même de la part de sa propre majorité (son premier échec dans l’Hémicycle depuis sa prise de fonction) !

Après cette leçon de démocratie, où le législatif a rappelé à l’exécutif ce qu’était la séparation des pouvoirs, qui pourrait encore douter de l’utilité publique des langues de France ?

Concrètement le texte nous offre deux avancées pour l’enseignement public

– L’enseignement de l’occitan et des autres langues régionales sera – en principe – inscrit dans les horaires normaux : article 3 : « Sans préjudice des dispositions de l’article L. 312 11 1, dans le cadre de conventions entre l’État et les régions, la collectivité de Corse, la Collectivité européenne d’Alsace ou les collectivités territoriales régies par l’article 73 de la Constitution, la langue régionale est une matière enseignée dans le cadre de l’horaire normal des écoles maternelles et élémentaires, des collèges et des lycées sur tout ou partie des territoires concernés, dans le but de proposer l’enseignement de la langue régionale à tous les élèves. »

– Il sera désormais possible d’utiliser des approches immersives au sein de l’Education Nationale, ce qui permet à l’Ecole PUBLIQUE d’occuper un nouveau terrain qui jusqu’alors n’était possible que dans l’enseignement associatif de statut privé (Calandreta, Bressòla, Diwan, Ikastola…).

– Comme le disent nos camarades bretons de la FSU qui viennent de publier un communiqué https://bretagne.fsu.fr/wp-content/uploads/sites/32/2021/04/CP-FSU-Loi-Molac.pdf, sans moyens, ce texte montrera ses limites, et risque de mettre nos collègues en porte-à-faux dans les établissements où sont menacés classes et enseignements optionnels. Sans augmentation de postes aux concours, les mesures envisagées, notamment l’augmentation de l’offre d’enseignement, ne pourront être mises en œuvre.

C’est là qu’à nos côtés, nos syndicats FSU auront leur rôle à jouer.

Dans les académies de Toulouse et Montpellier cependant, grâce à la signature récente de la convention Rectorats / Région / Office Public de la Langue Occitane (OPLO) e OPLC pour le catalan, une dynamique nouvelle se met en place pour le développement de notre enseignement. Souhaitons que cet exemple soit suivi ailleurs.

Nous appelons de nos vœux un engagement public de nos syndicats et de notre fédération pour que cette volonté politique manifestée doublement par la loi récemment adoptée et par la mise en place de la convention.

Ainsi il nous semble qu’un communiqué public serait, pour la FSU et pour ses syndicats, une manière de manifester leur engagement auprès des collègues concernés.

NB. Par discrétion, s’agissant d’une démarche interne à la FSU, nous ne publions pas ici la liste des 54 signataires de cette lettre

On trouvera sur le site de la FELCO

– Le texte intégral de la loi et celui des débats

– Un communiqué suite à l’adoption de la loi

– Une analyse des débats

– Une revue de presse

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10-04-20 – communiqué de presse FSU Bretagne Proposition de loi relative à la protection des langues régionales et à leur promotion

COMMUNIQUE DE PRESSE FSU Bretagne

Proposition de loi relative à la protection des langues régionales et à leur promotion portée par le député Paul Molac, adoptée en deuxième lecture à l’assemblée nationale le 8 avril 2021.

À l’occasion du vote, le 8 avril 2021, de la loi dite Molac, la FSU Bretagne souhaite réaffirmer ses positions concernant la défense et le développement des langues et cultures régionales dans l’enseignement public. Nous rappelons que dans l’académie Bretagne, la moitié des élèves sont scolarisés, de la maternelle au lycée, dans le réseau des écoles publiques.

Cette loi apporte de réelles avancées en termes de visibilité des langues régionales et rebat les cartes dans le débat sur celles-ci. Pour autant elle ne résout pas tous les problèmes, loin s’en faut, et soulève des questions.

La FSU Bretagne rappelle son exigence de passer d’une protection et d’une promotion des langues régionales à un véritable développement, financé par des budgets suffisants. Le développement de l’enseignement public bilingue, garant de l’avenir des langues régionales par l’étendue de son réseau, nécessite des moyens budgétaires spécifiques afin de ne pas mettre en concurrence la filière bilingue et la filière monolingue. Les dotations de postes données aux académies et le nombre de postes ouvert aux concours doivent intégrer la dimension bilingue. Or, la loi Molac, ne pose pas la question des moyens de ce développement.

La loi Molac vise à permettre la « participation financière à la scolarisation des enfants dans les établissements privés du premier degré sous contrat d’association dispensant un enseignement de langue régionale (…) à la condition que la commune de résidence ne dispose pas d’école dispensant un enseignement de langue régionale. ».  Si la loi actuelle contraint déjà les communes à financer la scolarisation des élèves dans les classes bilingues des écoles publiques lorsqu’il n’y en a pas dans leur commune de résidence, dans la réalité beaucoup de communes s’exonèrent de cette obligation ou soumettent les élèves « extérieurs » à des tarifs de cantine ou de garderie plus élevés, décourageant ainsi les familles.  Pour la FSU Bretagne, il y a nécessité à faire appliquer la loi en faveur des écoles publiques sauf à créer une nouvelle inégalité de traitement.

La FSU Bretagne rappelle son attachement à la création d’un service public unifié, garant d’un investissement à la hauteur des enjeux éducatifs de notre nation pour toutes et tous, quel que soit son lieu de vie et son milieu social.

Cette loi permet « un enseignement immersif en langue régionale, sans préjudice de l’objectif d’une bonne connaissance de la langue française». La FSU Bretagne rappelle que les filières bilingues enseignent les langues régionales et d’autres matières en langues régionales. Un enseignement immersif est une forme, parmi d’autres, de l’enseignement bilingue. C’est un choix pédagogique qui doit être laissé à l’appréciation et à la décision des équipes enseignantes, en fonction du contexte et de l’âge des élèves.

Nous actons la possibilité de l’immersion comme une souplesse dans la mise en œuvre de nos programmes nationaux.

Ce point de la loi soulève inévitablement la question de la coexistence, à l’avenir, de l’enseignement public en langue régionale avec le réseau privé associatif Diwan. La loi ouvre-t-elle la perspective, à terme, d’un large déploiement de l’enseignement bilingue immersif au sein de l’Ecole publique ? Auquel cas, quelle serait encore la raison d’être du réseau Diwan ? La remise en cause des contrats aidés par l’état, il y a 3 ans, a amplement démontré la fragilité potentielle de ce réseau. Ces contrats, finalement maintenus, actent l’utilisation de personnels précaires pour son fonctionnement.

La FSU Bretagne a toujours soutenu Diwan dans son souhait d’intégration de l’enseignement public.  Mais nous ne voulons pas d’un « service public d’éducation bis », en concurrence avec l’Éducation nationale, et sous la tutelle des élus locaux. Pour la FSU Bretagne, cette perspective serait une autre source de fragilité pour la transmission de nos langues, du fait des possibles alternances politiques locales et des disparités financières entre régions.

Promouvoir les langues régionales passe aussi par l’initiation ou l’option. La loi Molac renvoie cette modalité d’enseignement aux conventions spécifiques État-Région. Pour la FSU Bretagne, il est de la responsabilité de l’Éducation Nationale de créer des postes d’enseignants bilingues pour assurer l’initiation dans les écoles primaires publiques afin de développer les langues régionales dans les territoires qui ne comportent pas encore de filières bilingues.
Il est aussi de sa responsabilité de préserver l’enseignement optionnel dans le second degré mis à mal par les réformes successives et de garantir son développement et la continuité pédagogique.

Pour la FSU Bretagne, une réelle politique de développement des langues de Bretagne passe par la priorité donnée au Service public d’Éducation accessible à tous les élèves et à toutes les familles sur l’ensemble de notre territoire.

Contact

  • SNES-FSU Yann-Pier DEREDEL 06 49 19 47 04
  • SNUipp-FSU Martine DERRIEN 06 26 93 55 28
  • SNUipp-FSU Antoine GAUCHARD 06 60 63 61 12
  • FSU Bretagne : JM Cléry 06 78 39 72 68

 

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