Motion CREO CALR juillet 2015

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Le CREO Lengadòc, les associations et syndicats soussignés
notent avec satisfaction :

1- un début de volonté de développer le bilinguisme dans l’enseignement public dans le premier degré, après des années de stagnation :

  • ouvertures de sites nouveaux à la rentrée 2014, dont un à Montpellier, comme demandé depuis longtemps, Marvejols La Coustarade.
  • suite des ouvertures programmées à la rentrée 2015 : Béziers, une deuxième classe à Montpellier, Sérignan, un projet d’ouverture sous la forme dans un premier temps d’une classe bilingue en moyenne section à Fleury D’Aude, ouverture à Saint-Chély-d’Apcher en maternelle et fléchage d’un poste pour assurer la continuité. Pour le Gard, s’il n’y a pas d’ouverture programmée pour la rentrée 2015, deux postes ont été fléchés à Vauvert en vue d’une ouverture ultérieure de cursus
  • affectation des sortants du concours CRPE langues régionales en conformité avec les besoins spécifiques de cet enseignement bilingue,

2- la poursuite et la progression du projet académique premier degré,

  • 3- la prise en compte croissante de l’enseignement public de l’occitan par les collectivités territoriales (poursuite du travail en synergie avec la Région, aide aux projets pédagogiques, engagements nouveaux de la Ville de Montpellier, engagement de municipalités pour les rassemblements du premier degré…)

 

  • Mais ils déplorent

  • 1- que la convention Région / Rectorat n’ait pas été signée
  • 2- que le CALR qui devait se tenir à l’automne 2014 n’ait pas été convoqué.
  • 3- qu’il soit difficile, y compris au cours des CALR (rapports non entendus, compte rendus inexistants) d’avoir une vision globale de la situation de l’enseignement de l’occitan dans l’académie. La plupart des courriers adressés à Mme le Recteur sur toute question et les demandes d’audience sont restés sans réponse : 14 octobre 2014, 12 janvier et 17 mars 2015. Une seule réponse a été apportée concernant le collège du Vigan (lettre CREO 12 avril 2015, réponse 18 mai 2015).
  • 4- que, après le départ de Monsieur Millangue, DASEN de l’Aude et chargé des langues régionales, le CREO n’ait pu obtenir d’information sur sa succession ni par conséquent demander une entrevue au chargé de mission actuel.
  • 5- que la situation de l’enseignement du second degré soit toujours globalement difficile
  • insuffisance du suivi entre premier et second degré, notamment pour l’enseignement bilingue : cf. problème soumis à Monsieur le DASEN du Gard de l’enseignement de DNL au Vigan, impossibilité d’assurer l’enseignement de DNL à Clermont l’Hérault.
  • insuffisance du suivi entre le collège et le lycée. Malgré la volonté rectorale du respect de la carte des langues, par exemple, dans le département du Gard, le lycée de Milhaud ne propose pas l’occitan alors que ses trois collèges de secteur le proposent en enseignement bilingue, option à 1h et option à 2h (Saint-Gilles, Vauvert, Vergèze). Un élève, souhaitant continuer l’occitan se voit dans l’obligation de demander une dérogation pour le lycée Hemingway (qui ne propose pas l’occitan !), et se voit refuser une dérogation pour le lycée Daudet (qui d’après les services de la DASEN 30 ne propose plus l’occitan depuis deux ans ! – information bien évidemment erronée).
  • travail en projet considérablement réduit du fait de la suppression, il y a trois ans, du dispositif d’animation pédagogique qui ancrait l’enseignement de l’occitan dans la cohérence d’un projet académique interdisciplinaire. Encore cette année, en particulier, les « journées lycée » n’ont pas pu être organisées. Grâce à l’engagement financier de la région et au volontariat de certains collègues, quelques belles réalisations (théâtre, chant) ont toutefois vu le jour et les 4 rassemblements 1er degré se sont tenus
  • suppression des moyens spécifiques (dotation MEN de 5 ½ ETP depuis 1995).
  • non demande d’entrants par l’Académie depuis des années, ce qui a pour conséquence le blocage des mutations et l’étiolement de l’encadrement. Or nous manquons cruellement d’enseignants. Nous sommes passés de 56 professeurs en 2005- 2006 (dont 46 certifiés) à 43 en 2014-2105, dont 4 contractuels. Pourtant, le vivier existe, notamment grâce aux bons résultats de la formation dispensée par l’Université Paul Valéry et par l’ESPE de Montpellier : les 3 étudiants qui préparaient le CAPES en 2015 ont été admis et une étudiante à distance a obtenu le CAFEP.

En conclusion, les associations et syndicats signataires

  • demandent que les instances de discussion avec l’administration soient plus nombreuses en amont des ouvertures de sites et implantations de postes. Nous devons passer à une politique d’offre publique d’enseignement de langues régionales, conformément aux volontés ministérielles réaffirmées par la Loi d’Orientation 2013
  • rappellent que l’État reste non seulement le garant de la politique éducative à égalité sur tout le territoire mais qu’il lui appartient aussi d’organiser cette politique – ce qui suppose qu’il démontre sa capacité à instruire les dossiers et à produire une anticipation stratégique pour assurer le développement de l’enseignement des langues régionales à l’Ecole.
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