28-06-21 – la FLAREP auditionnée par les députés Kerlogot et Euzet

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Voir le compte rendu des échanges établi par Jean-Paul Couché, ANVT : 2106-28-FLAREP- Euzet 6 Kerlogot (1)
Résumé de |’audition des membres de la FLAREP par la mission Kerlogot-Euzet nommée par le Premier ministre Jean Castex. (réunion en visio 11h-midi) 28 juin 2021

Pour la mission

  •  Christophe Euzet – député de l’Hérault
  • Yannick Kerlogot – député des Côtes d’Arm0r

Pour la FLAREP

  • Ala Baylac Ferrer – APLEC – catalan
  • Marc Bron – Association des Enseignants de Savoyard /francoprovengal (AES) –
    francoprovencal
  • Jean Paul Couché – lnstitut de la Langue Régionale Flamande (ANVT-ILRF) – flamand
    occidental
  • Céline Etchebarne – IKAS-Bl – basque
  • Claude Froehlicher – Eltern Alsace – alsacien
  • Agnès lzaguirre – IKAS-Bi – basque
  •  Annie Maudet – Association des Enseignants de Gallo (AEG) – gallo
  • Aude Meritza Bozon — Savoué Ecula 2 (SE2 : fédération d’associations de parents
    d’éleves pour le bilinguisme francais-savoyard/francorovencal) – francoprovencal
  • Olivier Pasquetti – FELCO – occitan
  • Giovanni Prianon – LANTANT LLKR – créole réunionnais –
  • Martine Ralu – Cc-Bi — association pour le bilinguisme frangais-occitan dans
    l’enseignement public – occitan

    L’audition a été préparée lors d‘une visioconférence précédente entre les membres de la FLAREP et les interventions réparties.

    Christophe Euzet présente le rôle des deux membres de la mission qui est de faire remonter le contenu des échanges en les accompagnant de leur avis. lls seront force de proposition, la décision ne leur appartenant pas.
    Les membres de la FLAREP se présentent es-qualité.

  • JP Couché précise le contexte de l’inconstitutionnalité de l‘enseignement immersif en le considérant comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase après :
  • la Réforme du lycée ayant entrainé la perte de 50 % des effectifs d’apprenants en LR
  • le Plan langues du MEN ignorant les langues régionales
  • le nouveau concours des professeurs d’écoles où est réintroduite une option de
    quelques langues vivantes étrangéres seulement (les LR n’y figurent pas)
  • la circulaire 2017-072 qui discrimine certaines langues régionales dont le flamand
    occidental et le francoprovencal et le refus constant du MEN de les ajouter a la liste
    des langues régionales concernées par les textes reglementaires de l’EN
  • l’absence de réponse du ministére a nos demandes de rendez-vous ainsi qu’à celle de
    Pour Que Vivent Nos Langues
  • et la baisse régulière de la subvention octroyée par le MEN à notre fédération

L’inconstituti0nnalité de l’enseignement immersif est le dernier wagon que l’Etat vient
d’attacher au train de l’indifférence qu’il porte a nos langues.

  • JPC précise que 100.000 éleves sont concernés par l’enseignement bilingue et immersif de nos langues régionales et que leurs familles sont autant d’électeurs
  • les trois quarts sont scolarisés dans le public;
  • 13% sont scolarisés dans les écoles des réseaux associatifs privés (immersifs);
  • 1500 éleves environ suivent un enseignement immersif dans le public (20 maternelles au Pays Basque, 2 écoles en Catalogne, plusieurs écoles en Corse) et de nouvelles demandes sont bloquées.
  • Y. Kerlogot prend note de tous les points abordés et dit ne pas étre au courant du plan langue.
  • M. Ralu partage les informations sur l’absence de prise en compte des LR
  • dans le plan langue : https:_//cachemedia.edusc0l.education.fr_/file_/Formation continue enseignants/46_/9_/p_l an langues-vivantes 10 mesures 1314469.pdf
  • dans l’option LV au CRPE https://Wwwldevenirenseignant.g0uv.fr/
  • dans la nouvelle formation : parcours préparatoire au professorat des écoles
    https://www.education.gouv.fr/le—parcours—preparatoire-au-professorat-des~ecoles-une-Iicence-avec-parcours-preparatoire-specifique-309372
  • C. Froehlicher ajoute que si l’enseignement immersif n’existe pas en Alsace, le vote de la loi Molac a fait naître de nombreuses demandes. ll insiste sur l’irnportance de la demande latente d’enseignement bilingue dans nos regions, demande qui ne rencontre pas d’offre car le maillage du territoire est largement insuffisant ; de plus, ce « confinement » semble indiquer que les Langues Régionales constituent un épiphénomene marginal, alors dans les territoires concernés, il n’en est rien. En Alsace, sur environ 160000 éléves concernés, seuls 1/3 ont accès à l’enseignement bilingue ; sur ces quelques 55000 éleves, pres de 60% sont en classe bilingue ; on peut donc évaluer à plus de 50000 – au moins – le potentiel supplémentaire d’élèves bilingues si l’offre était généralisée à tout le territoire.
  • A. Baylac-Ferrer note également que la demande en pays catalan (enquête Conseil
    départemental / Université de Perpignan) est de 76% des habitants favorables à
    l’enseignement bilingue et 81% favorables à l’enseignement d’initiation à la langue.
  • O. Pasquetti décrit le processus d‘enseignement immersif signalant qu’il s’agit d’aller au-dela du strict 50/50 du bilinguisme, qu’une bonne connaissance et une bonne maîtrise du francais sont également des objectifs de l’immersif et précise que les évaluations nationales effectuées au Pays Basque par les services de l’Education nationale montre des résultats scolaires meilleurs que ceux des classes monolingues en francais et mathématiques notamment.
  • Y. Kerlogot demande si le fait que certaines langues de France ne sont pas ajoutées a la circulaire serait dû à l’absence de normalisation.
  • JP Couché et M. Bron montrent a l’écran les outiis dont ils disposent et qui démontrent que le processus de normativisation est achevé.
  • JP Couché informe les députés qu’aujourd’hui même 12 candidats sont reçus par le Rectorat de Lille par un IPR et un ancien inspecteur maîtrisant le flamand occidental afin de sélectionner des enseignants pour reprendre une experimentation en primaire, en college et en lycée. Cette situation est créée par l’absence de formation d’enseignants de flamand occidental du fait de son absence des textes réglementaires relatifs aux langues régionales enseignées par l’EN.
  • M. Bron abonde dans le meme sens et précise que les enseignants ne sont pas formés pour le francoprovencal ; ceux qui l’enseignent actuellement le font car ils sont déjà en poste et que le hasard fait qu’ils ont des compétences linguistiques. La mise en place d’une formation est indispensable. ll précise que le francoprovencal qui s’étend sur une partie de la France, de la Suisse et de l’ltalie est aujourd’hui reconnu par la Suisse et par l’ltalie, alors qu’en France seul le Ministere de la Culture l’a pris en compte, mais pas le Ministere de l’Education Nationale.
  • A. Meritza Bozon complete en disant que par tolérance, les éleves qui présentent le
    savoyard/francoprovencal au baccalauréat et au diplome national du brevet le font en
    s’inscrivant sous l’appellation « occitan langue d’oc », alors qu’il ne s’agit pas de la même langue. Elle demande de la cohérence et que le francoprovengal soit explicitement nommé.
  • A. Maudet pointe également l’absence de formation d’enseignants de gallo bien que le gallo soit une option du baccalauréat depuis 1984. La non-création d’un CAPES de Gallo a bloqué toute formation initiale dans le cadre des masters d’enseignement, les étudiants inscrits à Rennes 2 ne peuvent aller au-dela de la licence.
  • O. Pasquetti complète en demandant qu’une égalité républicaine territoriale par le haut soit pratiquée à propos de l’enseignement des langues régionales dans l’éducation nationale.
  • Y. Kerlogot et C. Euzet promettent d’insister pour faire avancer ce qui releve du réglementaire afin d’apporter des réponses rapides, preuves d’une volonté d’avancer sur le dossier des langues régionales
  • Concernant le coefficient de l’option au baccalauréat, M. Bron insiste sur la différence de traitement qui existe entre les langues et cultures de l’antiquité et les langues régionales; il rappelle les déclarations récentes du Ministre de l’Education Nationale de vouloir remonter ce coefficient pour les langues régionales au niveau des langues de l’antiquité et demande que le geste soit joint à la parole.
    Demande est faite pour que les déclarations de Monsieur Blanquer dans la presse sur le
    coefficient de |’option se concrétisent immédiatement par un texte officiel.
  • Par ailleurs, Y. Kerlogot estime que l’Enseignement de Spécialité LR mis en place dans le cadre de la réforme du lycée et du nouveau bac est boudé par les éléves.
  • O. Pasquetti lui répond qu’il s’agit de toute la différence qu’il y a entre la virtualité ministérielle et la réalité du terrain, aucun moyen n’est attribué a cet EDS (4 heures en première et 6 heures en terminale) qui plus est, est mis en concurrence avec celui de Langues étrangéres. Très peu d’établissements le proposent ce qui efface toute politique de |’offre en la matiere.
  • A. lzaguirre et C Etchebarne insistent pour que la demande des 3 écoles publiques candidates à l‘ouverture d’une section immersive pour la rentrée de septembre 2021 soit examinée dans un sens favorable. Outre le fait que ces écoles sont occupées par les parents depuis le 18 juin, un appel à mobilisation est lancé pour le mardi 6 juillet
    Dans les etablissements publics, l’immersion ne concerne que l’enseignement des/en Langues Régionales, la langue de communication reste le français.
    Ce systeme d’enseignement n’altère en rien l’apprentissage du francais. Au contraire, les résultats sont meilleurs, les évaluations sont la pour le démontrer.
  • A. Baylac-Ferrer demande à sécuriser la rentrée des classes immersives car les élèves, les enseignants et les écoles sont dans un flou intenable.
  • G. Prianon rappelle la situation particuliere du créole réunionnais qui est langue régionale et également la langue maternelle de la grande majorité des éleves. Sa prise en compte dans l’Ecole n’est pas suffisamment étendue, ce qui contribue à maintenir les éleves dans des situations d’échec. Actuellement l’académie est en deça des possibilités offertes par les textes de loi : absence d’offre suffisante de classes bilingues depuis la maternelle, absence de filières LVR structurées sur le territoire, absence de concertation avec Ies différents acteurs (pas de CALCR depuis 1 an, 1 poste de PE spécial LVR par an). Une politique linguistique pour l’école, cohérente et en adéquation avec la société réunionnaise, est plus que nécessaire des cette rentrée (voir Rapport IGEN sur dispositifs LVR en Outre-mer, Rapport Commission Parlementaire 2021 Enseignement dans Ies DOM).
  • M. Bron signale que Ies CALR (Conseils académiques de langues régionales) se réunissent de facon trés inégale et que par exemple, dans l’académie de Grenoble (occitan et francoprovencal), cela n’a pas été fait depuis plusieurs années. ll faudrait relancer le processus dans cette académie.
  • JP Couché revient sur le fait que nous ne serions pas en train de parler du probleme que connait l’immersion si l’article 2 de la Constitution était correctement formulé car il est utilisé contre Ies Iangues régionales : contre l’immersion et aussi contre les signes diacritiques : on ne peut pas mettre certains accents sur un prénom dans l’une de nos langues régionales mais on peut choisir un prénom anglais.
  • Y. Kerlogot en convient mais ne voit pas le gouvernement s’atteler à un projet de LC à moins d’un an des présidentielles. ll pense plutot a le faire inclure dans les projets des candidats.
  • JP Couché dit ce qu’il pense des promesses électorales en rappelant celles du candidat Macron pour les LR et qui n’ont pas été réalisées. Si la situation de l’immersion a été provoquée par le ministre Blanquer, c’est au président de prendre ses responsabilités car il est président de tous les Francais, et non au futur candidat.
  • C. Euzet et Y Kerlogot ont rappelé à plusieurs reprises leur soutien aux langues régionales et leur avis positif sur plusieurs de nos demandes.
    lls remettront leur rapport avant Ie 14 juillet et un rendez-vous s’en suivra avec Ie premier ministre.

Les membres de la FLAREP remercient Messieurs Euzet et Kerlogot pour Ieur écoute
constructive.

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