20-01-22- déclaration intersyndicale SE – SGEN – SUD – FSU au CAEOC (= CALR) Toulouse

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déclaration intersyndicale FSU, Se-UNSA,  Sgen-CFDT, Sud Éducation

CAEOC du 20 janvier 2022.

 

Monsieur le Recteur,

Mesdames et Messieurs les membres du CAEOC,

         Nous sommes à nouveau réunis pour faire le bilan de la rentrée 2021 et évoquer les perspectives de l’enseignement de l’occitan dans notre académie. Ce bilan est très inquiétant au regard des annonces et des engagements pris.

Pour qu’enseigner et apprendre l’occitan soit réellement intéressant, efficace et fasse sens, il faut une vraie politique de l’offre assumée et volontariste et qui se voie sur le terrain.

         La création des sections bilingues, la montée des cohortes, le suivi des élèves entre chaque cycle, une offre en option en collège et en lycée en LVB ou C qui permettent aux élèves de choisir de faire des études en occitan :  tout cela doit se travailler en concertation et bien en amont avec une anticipation d’un ou deux ans.

Le manque de professeurs qui empêche de proposer un enseignement cohérent dans certains départements, le manque de matériel pédagogique, de formation continue concourent à la dégradation des conditions de travail des élèves et des enseignants.

         Le souci du nombre de poste aux concours et du manque de candidats ayant le niveau pour enseigner se pose de façon criante car les différentes réformes du collège et du lycée ont quasiment tari le vivier des élèves et futurs étudiants.

Nous constatons les limites des groupes de travail, dans la plupart des départements car ces réunions ne sont pas suivies d’effet le plus souvent. Nous demandons que les représentants des personnels soient associés aux groupes de travail départementaux dans chaque département (car cela n’est pas le cas partout).

         La situation globale de l’occitan s’est dégradée dans l’académie tant au niveau qualitatif que quantitatif ces dernières années.

         Si on veut vraiment un enseignement de l’occitan de qualité et au service des élèves, il faut y mettre les moyens. Entre l’année scolaire 2018-2019 et la rentrée 2021, nous notons une perte franche en heures, notamment en ce qui concerne l’enseignement optionnel en collège dont le nombre d’heures est passé de 440 heures en 2018 à 252 à la rentrée 2020. Cette situation est la conséquence de la décision rectorale de mettre fin aux heures fléchées pour l’intégralité des heures d’occitan et la demande faite aux établissements concernés de prendre des heures sur leur faible marge d’autonomie. Non seulement, certains établissements refusent de donner ces heures pour l’occitan, ce qui accentue les inégalités; mais en plus, le rectorat a drastiquement baissé l’enveloppe d’heures fléchées pour l’enseignement de notre langue. Cette situation nous paraît inadmissible et nous demandons le retour des heures fléchées en nombre suffisant, ainsi que l’offre généralisée et systématique de l’initiation pour tous les élèves de 6ème sur les collèges où notre langue vivante régionale est présente dans le bassin d’enseignement.

         Enfin, nous le disons à chaque CAEOC, dans tous les groupes de travail départementaux, dans toutes les instances paritaires : les conditions de travail des professeurs d’occitan sont très difficiles : souvent TZR académiques, sur 2, 3, 4 établissements, victimes parfois du mépris de leur hiérarchie. Les situations d’épuisement professionnel se multiplient chez nos collègues. Il faut urgemment améliorer les conditions de travail des enseignants d’occitan.

         Bien sûr, il y a la loi Molac, la circulaire. Mais sans moyens supplémentaires, nos collègues continueront à désespérer sur le terrain. Les effets de ces textes, les verrons-nous avant de craquer, de démissionner, de changer de discipline ? Les élèves auront-ils une offre réellement améliorée avant la fin de leur scolarité ? Auront-ils eu la possibilité d’être exposés à la langue au point de vouloir l’enseigner ?

 

         Vous l’aurez compris M. le Recteur, Mesdames et messieurs les membres du CAEOC, l’exaspération est grande chez les enseignants d’occitan. Alors que les élus régionaux et départementaux affirment un volontarisme plus fort que jamais pour le développement de notre langue, alors que la loi Molac a été votée par une très grande majorité de parlementaires de tous bords, faisant de cette loi un moment historique de consensus démocratique et alors aussi que l’Unesco classe l’occitan parmi les langues en péril de disparition, entendez la voix de ceux qui se battent au quotidien et ne cesseront pas de se battre. Il est grand temps que des actes forts soient posés, nous attendons que ce CAEOC soit celui où l’Éducation Nationale s’engage enfin à respecter la loi et les conventions.

 

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