17-11-22 -Le SNES-FSU académie de Toulouse répond à la FELCO

Le SNES-FSU Toulouse, mais plus largement la FSU au niveau académique comme plus largement au niveau régional, sont engagé·es dans la défense de l’Occitan, notamment, mais aussi de l’ensemble des langues régionales
Cet engagement est la concrétisation des mandats fédéraux (FSU) réaffirmés lors du congrès de Metz : 

La « loi relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion », a rappelé l’importance des langues dites régionales. Sortant ces langues de l’approche purement patrimoniale où la Constitution les a cantonnées, la Loi Molac a permis de poser la question d’une action globale volontariste pour les faire vivre. Pour autant la loi n’apporte que peu de réponses à la question des moyens nécessaires à ce projet. Si elles subissent les mêmes menaces que les autres disciplines, notamment les autres langues vivantes étrangères à l’exception de l’anglais, les langues régionales cumulent les fragilités. Langues minoritaires ou minorées en métropole ou Outre-mer, les langues régionales sont souvent peu prises en considération : enseigner une langue régionale ou en langue régionale c’est souvent enseigner sans supports pédagogiques adaptés et dans un cadre horaire ou des groupes-classes que l’administration peut remettre en question à tout moment ; c’est aussi se retrouver très souvent isolé·e sur le terrain. Un facteur principal de fragilisation des langues régionales au sein du service public d’éducation provient notamment de l’administration elle-même que ce soit du fait du manque de moyens ou de l’instrumentalisation des langues qui peut conduire à la mise en concurrence ou à l’opposition à certaines langues régionales. L’articulation entre le français, les langues régionales et les langues des pays frontaliers doit faire l’objet d’un travail départemental et académique d’évaluation, en lien avec la recherche, pour clarifier les situations complexes qui existent (alsacien, francique, flamand, catalan, basque…). La FSU porte un contenu revendicatif pour une politique des langues régionales avec entre autres l’augmentation du nombre de postes aux concours (CRPE, CAPES, Agrégation) à hauteur des besoins et la continuité de l’enseignement de/en LR de la maternelle à l’Université dans l’enseignement public assurée par des enveloppes de moyens spécifiques, sans oublier l’enseignement agricole et professionnel. La FSU réaffirme que les langues régionales sont partie intégrante de notre culture commune et qu’il appartient à l’école publique, accessible à tou·tes les élèves et à toutes les familles sur l’ensemble du territoire, de contribuer par leur enseignement à leur pérennité pour éviter leur disparition et à limiter les dérives possibles dans l’enseignement privé. En Outre-Mer, la majorité des langues régionales sont aussi langues maternelles de leur locuteur·trice avec un usage encore très vivace. Après les nouveaux Etats-Généraux du Multilinguisme Outre-Mer (EGMOM), il est essentiel de parvenir à l’élaboration de politique multilingue à l’école qui répondent aux besoins et enjeux spécifiques de chacun de ces territoires. La FSU rappelle que c’est le service public qui scolarise le plus d’enfants apprenant les langues dites régionales. Celui-ci doit encore se développer.

En lycée et en collège, et dans le supérieur, certaines disciplines (arts, LCA, langues à faible diffusion…) sont en danger d’extinction ; seule une politique volontariste, à savoir une dotation spécifique correspondant aux moyens nécessaires à leur enseignement leur permettra de ne pas disparaître et de continuer à faire partie de l’offre de formation nationale.

Le Congrès de Rennes du SNES-FSU avait mis en avant l’importance des langues dont les langues régionales malmenées :

L’enseignement des LVER, à l’instar de celui des LCA, a été mis à mal au fur et à mesure des différentes réformes. Plutôt que d’opérer des choix relevant de la « gestion de la pénurie », la diversification de l’enseignement des LVER nécessite une politique volontariste. Préalablement, un diagnostic partagé sur l’état de l’enseignement des langues en France est plus que jamais nécessaire. Les Langues Régionales, vecteurs culturels et historiques d’une grande importance pour les jeunes, sont une richesse et sont complémentaires à l’apprentissage et à l’utilisation du français

Le récent Congrès de Montpellier a réaffirmé cette conception en faisant des propositions concrètes, notamment dans le cadre de ses réflexions sur la nécessaire remise à plat de la réforme du lycée : 
– La place des enseignements technologiques doit être renforcée, et une option technologique obligatoire permettrait d’offrir un choix parmi l’offre de l’établissement. Une option artistique, de langues vivantes étrangères ou régionales obligatoire  
 – Proposition d’un enseignement de spécialité supplémentaire construit autour de deux langues vivantes étrangères ou régionales

Au niveau académique le SNES-FSU Toulouse intervient plus spécifiquement pour la défense et la promotion de l’Occitan :

– dans le cadre du Comité Technique Académique (futur CSA) : en dénonçant les effets des réformes (collège / lycée) qui conduisent à la mise en concurrence des disciplines, des dispositifs et des options, et marginalisent les langues régionales par des moyens horaires de moins en moins fléchés

– dans le cadre de l’instance plus spécifique qu’est le CAEOC, où ses militants siègent avec régularité et interviennent avec conviction, et souvent en cohérence avec les associations (le SNES-FSU a par exemple soutenu la démarche d’interpellation du Recteur initiée par le CREO Toulouse) ; il a par ailleurs exigé que les Groupes de Travail Départementaux, prévus, et qui ne se tenaient pas dans tous les départements, soient bien réunis, et en y associant en toute transparence tous les partenaires censés en faire partie (cette demande ayant été relayée par les sections départementales de la FSU).

La FSU est à l’initiative dans ces instances pour porter un certains nombres d’analyses et de revendications, qui relèvent de 3 aspects principaux, la carte des formation, le budget, et les ressources humaines :

– en ce qui concerne la carte des formations : ambition de faire vivre le bilinguisme avec des ouvertures des sections bilingue en primaire, notamment (les projets EMILE, souvent promus, au niveau académique n’étant pas du bilinguisme horaire) et d’une offre généralisée et systématique de l’initiation pour tous les élèves de 6ème sur les collèges où la langue vivante régionale est présente dans le bassin d’enseignement

– pour cela, en ce qui concerne la question des moyens : nécessité d’une enveloppe à la hauteur dans les établissements du second degré (financement de la totalité des besoins horaires et non de la moitié, avec renvoi aux marges horaire pour financer le complément), d’un fléchage clair, et d’une vraie concertation sur la ventilation de ces moyens

– la conséquence de ces moyens insuffisants est la précarisation des postes et la dégradation des conditions de travail pour les enseignants : affectés sur des postes partagés aux compléments pas toujours stabilisés (ni géographiquement, ni du point de vue du volume horaire des disciplines enseignées en plus de l’occitan), souvent TZR académiques, sur plusieurs établissements, souvent considérés localement comme des variables d’ajustements dans les ventitalisation horaire des dotations, les enseignant·es son

Au niveau départemental, les sections départementales interviennent dans le même sens, dans le cadre des CTSD et des Groupes de Travail Départementaux évoqués précédemment.

Au niveau régional, la FSU Occitanie a proposé un stage de formation syndicale ouvert à toutes et tous dont l’intitulé traduit son engagement : « Comment redynamiser l’enseignement des LVR dans le 1er et dans le 2nd degrés des académies de Montpellier et de Toulouse ? » (https://occitanie.fsu.fr/stage-lvr-catalan-occitan/)

A tous les échelons, la FSU, à travers ses syndicats nationaux de l’Education (SNES-FSU Toulouse, SNUipp-FSU, SNESUP-FSU), accompagne évidemment individuellement et collectivement les enseignants d’Occitan dans les difficultés qu’ils·elles peuvent rencontrer.

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Pour le SNES-FSU Toulouse, Sylvain Lagarde

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