14-06-19- La FELCO es audicionada per la DGESCO

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Yan Lespoux a été mandaté par la FLAREP pour une réunion avec la DGESCO à propos des programmes d’enseignement de spécialité de Terminale.

Voici les réflexions communiquées à l’occasion

RÉFLEXIONS DE LA FELCO À PROPOS DES PROGRAMMES DE TERMINALE DE L’EDS D’OCCITAN-LANGUE D’OC

Remarque liminaire

Depuis la création du CAPES en 1991, la dénomination officielle, après de longues discussions, a toujours été « occitan-langue d’oc ». On s’étonne de la disparition de cette désignation.

En l’absence de standard imposé officiellement et du fait de certaines spécificités dialectales irréductibles, l’occitan peut être défini comme une langue polynomique, composée de six grandes variétés dialectales (gascon, languedocien, provençal, limousin, auvergnat, vivaro-alpin). La communication orale et écrite ne suppose pas la prédominance d’une variété dialectale sur les autres, mais repose sur l’idée que les occitanophones peuvent gérer l’unité linguistique de leur langue dans le respect de la variation dialectale. Cela, mais aussi l’utilisation de deux graphies – l’une dite « classique », l’autre dite « mistralienne – a toujours été pris en compte dans les textes concernant l’enseignement de l’occitan-langue d’oc. Il nous semble important que les nouveaux programmes ne constituent pas une rupture sur cette question qui apparaissait jusqu’à présent comme réglée. Nous aurons l’occasion d’y revenir plus bas.

À propos du Préambule commun aux EDS de langues, littératures, et cultures régionales

 À la p.4, il est indiqué que « la langue écrite et orale est travaillée sous tous ses aspects (phonologie, lexique, grammaire) et dans toutes les activités langagières (réception, production et interaction), afin que les élèves soient entraînés à communiquer et puissent approfondir et nuancer leurs connaissances et leurs compétences. » Il nous semble pertinent d’ajouter explicitement aux aspects de la langue écrite et orale la syntaxe, et aux activités langagières la médiation.

Le préambule revient régulièrement sur les relations étroites entre langues régionales et langue française, langues étrangères et LCA. Les approches comparatives, les références à ces autres langues sont très vivement encouragées. Dans la pratique, les enseignants de langues régionales utilisent déjà souvent ces formes de comparaisons. S’il n’est pas inintéressant d’en rappeler l’utilité, il nous paraît toutefois important que la réciproque existe elle aussi. Il n’y a pas de raison pour que les langues régionales de France, dont la constitution de la République rappelle dans son article 75.1 qu’elles font partie du patrimoine national, ne trouvent pas leur place de la même manière dans les programmes de français, de LCA – en particulier de latin – et de langues vivantes étrangères. Sans cette réciproque, les langues régionales apparaissent seulement sous l’aspect de faire valoir des autres langues. On en vient à créer une hiérarchie des langues qui met à mal le principe d’égalité républicaine. Principe déjà mis à mal, rappelons-le par l’attribution à l’option facultative de LCA d’un coefficient 3 et d’un caractère bonifiant qui est refusé pour le moment aux langues régionales.

Le programme spécifique de l’EDS d’occitan-langue d’oc

Sur le fond, le programme proposé à travers ses trois thématiques est intéressant. Il est aussi très riche et il sera essentiel qu’il soit accompagné de documents d’accompagnement qui permettront de guider les enseignants. Il serait bon de préciser que la bibliographie présentée en annexes n’est en aucun cas limitative. En effet, il apparaît, comme nous allons le montrer en évoquant la forme de ce programme, que des manques criants sont à noter.

  • Sur la forme, donc, un certain nombre de questions et de remarques sont nécessaires.

La première concerne la représentation dans le programme et sa bibliographie des variations dialectales et des différentes formes de graphie. On ne peut que se féliciter que, contrairement au programme de première – dont on espère que des correctifs y ont été apportés – une place plus grande soit faite dans le programme de terminale à des auteurs provençaux en graphie mistralienne. On ne peut par contre que regretter la très faible représentation de l’aire orientale de l’espace d’oc et en particulier du riche foyer littéraire et artistique niçois. On peut signaler en particulier la faible place laissée à l’art dramatique en général et, lorsque cela est fait, l’absence de dramaturges majeurs comme Francis et Jean-Luc Gag. De la même manière, alors que de nombreuses références sont faites à Godolin à propos de la littérature baroque, on regrettera l’absence de Louis Bellaud de la Bellaudière.

En ce qui concerne la graphie, la référence, p. 15, au chef-d’œuvre de Frédéric Mistral, Mirèio, en utilisant la graphie classique, inconnue de l’auteur – et pour cause, elle n’existait pas à cette époque – apparaît incongrue. Il convient donc de remplacer « Mirelha » par « Mirèio ». Dans la même phrase la référence à l’œuvre de Théodore Aubanel sous la dénomination Zani, qui n’est pas un titre d’œuvre, doit soit être écrite en caractères romains et pas en italique, soit remplacée par le titre de l’œuvre : La Mióugrano entre-duberto.

  • Pour terminer, nous avons relevé un certain nombre d’erreurs et/ou coquilles que nous signalons ici :

p. 15 : Les Leys d’amor ne sont pas la « première grammaire » de l’occitan. Il y a auparavant le Donatz proensals et les Rasons de trobar.

p. 17 : La Chançon lemosina, de Paul Roux, publiée en 1889, relève moins de l’épopée médiévale que de la littérature héroïque. Sa place serait donc plutôt aux côtés de Calendau

p. 18 : La différence entre langue commune et langue unique manque de clarté. Par ailleurs, il est fait références aux ordonnances de Villers-Cotterêts, au pluriel : il n’y a qu’une seule ordonnance de Villers-Cotterêts.

p. 19 : Mauvaise orthographe pour Aimé Serre (graphié avec un s final dans le texte)

p. 20 : La parenthèse à propos de Savinien laisse à croire qu’il était contre l’usage de la langue d’oc, ce qui n’était pas le cas.

p. 23 : Corriger « Chrétien de Troie » par « Chrétien de Troyes »

p. 24 : Patterson est cité en version en anglaise : une traduction française de 1999 (Le monde des troubadours), existe.

p. 27 : À propos des papes d’Avignon, Li Papalino, de Félix Gras, semble plus pertinent que les Lettres de mon moulin.

p. 28 : Sur les bouleversements du pouvoir, pourquoi ne pas citer Robert Lafont, Petita istoria europea d’Occitania, texte en occitan à usage scientifique ?

p. 30 : Le titre du livre de Certeau, Julia et Revel est Une politique de la langue, pas La révolution française et les patois : l’enquête Grégoire (il s’agit du sous-titre).

 

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