11-03-21 – rencontre occitane SAURAMPS « A l’ombra de la Serrana »

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18 heures – En visio-conférence – https://univ-montp3-fr.zoom.us/j/97962757297?pwd=M1NMU0hBTFdpZWlLekxDN0I0YjRzdz09

A l’ombra de la Serrana / à l’ombre de la Sérrane

Après une interruption d’une année, due à la pandémie, les rencontres occitanes de Sauramps reprennent en visioconférence. Cette première séance, qui aurait dû se dérouler en mars de l’année dernière, sera consacrée à la prose occitane courte, avec deux auteurs dont l’écriture est très différente, mais qui habitent à vingt kilomètres l’un de l’autre, à l’ombre de la Séranne, dans les villages de Puechabon et d’Arboras.

  • Silvan Chabaud : Serranas / Sérannes (Éditions Jorn, 120 pages, 15€)
  • Domenge Caucat : La Gèsta dau Montamametas (Éditions IEO Languedoc, 128 pages, 12 €)

 Les quinze nouvelles du recueil de Silvan Chabaud racontent toutes un fragment d’histoire, à l’instant de la plus grande intensité dramatique, quand se décide le sort d’une vie. La plupart sont des récits d’ascension, passages de col ou voyages initiatiques, que l’auteur a puisés dans son expérience de randonneur en montagne. Par exemple l’agonie sur le champ de bataille d’un soldat celte de l’armée d’Hannibal ; ou l’exode des protestants d’Oisans fuyant les persécutions de Louis XIV par le col de la Muzelle ; ou la descente du col d’Ares, lors de la Retirada en janvier 39, d’un petit garçon mutilé ; ou le sabotage par un soldat du commandant Massoud d’un pont de l’Hindou-Kouch où doit passer une colonne de Talibans. À ces récits, la montagne prête son cadre, le destin son moment et l’Histoire ses différentes époques.

La moitié du livre est écrite en languedocien, parler d’adoption de l’auteur, l’autre en provençal, son parler d’origine. La narration offre une grande diversité de lieux et de périodes, avec toujours en ligne de mire ces montagnes magiques ou ces collines inspirées que résume le titre « Sérannes », allusion à la crête sauvage qui borde le Larzac méridional, au pied duquel vit l’auteur.

 Ces quarante textes de deux ou trois pages chacun, d’une irrésistible drôlerie et d’une incroyable richesse verbale, explorent les ressources de la langue occitane avec l’outil de la galéjade et la rigueur du linguiste. Par le biais d’une verve truculente rarement égalée en occitan (dont la littérature raffole pourtant de ce procédé), un ambitieux projet est à l’œuvre, mine de rien : une quête d’occitanité, une plongée dans les profondeurs du génie d’oc, la construction d’une langue précise, puissante et naturelle, qui déferle en gros éclats de rire comme un raz-de-marée. La langue de Domenge Caucat est enracinée dans le terroir comme une plante endémique, mais elle respire l’invention et la liberté. Ce petit livre, qui rassemble des chroniques publiées dans la revue rouergate Lo Canta-Grilh, ne doit pas nous abuser par la grossièreté assumée de son propos : il est un grand morceau de littérature, digne des Chroniques de Caravette de François Deseuze, une récupération jubilatoire de « notre langue méprisée » et un excellent manuel de savoir-dire (en occitan) à l’usage des jeunes (et moins jeunes) générations. Un livre épique, comme son titre l’indique…

Les rencontres occitanes de la librairie Sauramps sont organisées en partenariat avec les occitanistes de l’équipe ReSO de l’Université Paul Valéry.

           

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