06-01-23 – une délégation de la FLAREP est reçue au Ministère – DGESCO – Compte rendu

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Consulter le dossier porté par la FELCO : 2301-05- Audience-FELCO-Ministère

Lire le communiqué public : 06-01-23-flarep COMMUNIQUÉ 1 réunions ministères

Représentant  la DGESCO

  • Mme Sandrine BODIN – sous-directrice à l’innovation, de la formation et des ressources
  • Laurent BERGEZ – Chef du Bureau des contenus pédagogiques et des langues et secrétaire général du Conseil supérieur des langues
  • Mme Maud BOURDIN – Chargée d’Etudes langues vivantes régionales

Délégation FLAREP

  • Martine Ralu – Présidente Òc-Bi – Occitan – Vice-présidente FLAREP (MR)
  • Jean Paul Couché – Co-président ANVT – Flamand occidental – Vice-président FLAREP (JPC)
  • Olivier Pasquetti – Président FELCO – Occitan (OP), porteur d’un dossier sur les questions de l’enseignement de l’occitan
  • Annie Maudet – Secrétaire de l’AEG – Gallo (AM)

Notes sur l’entrevue

Jean Paul Couché prie les interlocuteurs de la DGESCO d’excuser l’absence de notre président Thierry Delobel, retenu par ailleurs et les remercie pour avoir répondu favorablement à la demande d’audience de la FLAREP.

Il présente les 6 points repris dans le document qui sera remis par Martine Ralu et dans lequel nous en avons détaillé la teneur et les attentes.

Nous reprenons ci-après les grandes lignes de nos échanges :

  1. la mise en application de la loi « relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion» d’avril 2021 dite « loi Molac»

  • LB : la première mise en application de la loi Molac est la ré-écriture de la circulaire publiée le 16 décembre 2021 qui a sécurisé l’enseignement des langues régionales et notamment l’enseignement bilingue et l’immersion. Il rappelle que la loi ne prévoit pas une généralisation de l’enseignement mais de l’offre et qu’on ne peut arriver à ce niveau rapidement. La vision du ministère est donc de faire perdurer cette circulaire concernant les différentes modalités d’enseignement, circulaire qui présente, selon ses termes, une avancée historique.
  • JPC : Nous proposons qu’un plan de développement soit déterminé pour chacune des langues afin que les Rectorats s’inscrivent dans une démarche plus active.
  • OP précise que ce qui nous intéresse prioritairement dans la Loi Molac est l’article 7 (actuellement article L.312.11.2 du code de l’Education). Un plan est-il prévu du côté du ministère pour cet article précisément ?
  • LB : Le MEN doit outiller les académies. La question essentielle pour le ministère est de savoir comment répondre à un élève qui demande à suivre un enseignement de langue régionale. L’idée est de se concentrer sur un maillage territorial, sur le démarrage dans un lieu ou un niveau d’enseignement précis.
  • SB : Il n’y a pas de problème pour créer un plan de formation
  • JPC : c’est urgent. Prenons le cas du flamand occidental : 12 personnes se sont déclarées intéressées pour enseigner la langue régionale après un cycle de formation pédagogique et linguistique car malheureusement l’Éducation nationale n’a jamais formé d’enseignants dans notre langue malgré nos demandes. Le Rectorat est d’accord … depuis un an amis rien n’avance malgré les bonnes relations. Nous précisons à nos interlocuteurs qu’ils n’imaginent par la force d’inertie de leur administration et qu’il faut être plus directif comme pour les CALR qui ne se réunissent pas 2 fois par an. C’est déjà le cas pour celui de Lille.
  • OP demande alors s’il est prévu une méthode pour recenser toutes les familles demandeuses de recevoir un enseignement de langue régionale.
  • LB évoque les efforts du MEN pour créer un enseignement par le CNED et le très faible nombre d’élèves inscrits < 10 .
  • OP répond que les élèves fuient le distanciel.
  • MR : il faut aussi se poser la question de la diffusion de cette information auprès des jeunes et des familles ?
  1. les moyens spécifiques LR et notamment la question des postes au concours pour la session 2023

  • LB : le vademecum sur les langues régionales est en cours de publication. Une page Eduscol sera dédiée aux LR (linguistique, DNL, …). Sur la question des moyens, LB rappelle la possibilité pour les enseignants de se faire habiliter et aussi la possibilité d’enseigner sa matière jusqu’à 50 % en langue régionale sans avoir besoin d’une habilitation. Le Ministère souhaite amplifier ce procédé.
  • MR souligne que les habilitations constituent une piste intéressante, notamment au travers des DNL mais qu’il faut garder les coordonnées des enseignants habilités lorsqu’ils effectuent une mutation pour leur proposer de continuer à enseigner la langue régionale sur leur nouvelle implantation et contribuer ainsi  à la généralisation de l’offre.
  • OP : rappelle le nombre ridiculement faible d’ouverture de postes au CAPES qui, manifestement, ne suffit pas à couvrir la relève et donc encore moins le développement de l’enseignement qui découle de la loi Molac. Il évoque le côté alarmant que renvoient les chiffres pour la session 2023 et qu’ils sont contraires aux orientations de la loi.
  • LB ne connaissait pas les chiffres, pas plus que sa responsable SB, et a demandé si nous avons constaté une baisse, une stagnation ou une progression et évoque la remontée des besoins des académies pour justifier ces baisses
  • MR évoque la modulation à la baisse faite à ces remontées par le MENJ
  • OP annonce, 18 contre 23 l’an dernier malgré la loi Molac et l’arrivée de langues dans la circulaire.
  • JPC : « on ne peut pas dire qu’il n’y a pas de moyens et ne pas ouvrir de postes au concours »
  • AM : Aucun poste ouvert pour le gallo depuis le début de son enseignement en 1984 et l’académie de Rennes renvoie à la l’absence de CAPES quand des moyens ou des formations d’enseignants sont demandés par les associations.
  • LB nous propose de demander une audience à la DGRH pour traiter de ce sujet
  • OP aborde l’absence de l’option LR au CRPE classique qui est vécue comme une discrimination en regard du traitement des langues étrangères et qui, si cette option était réinstaurée, constituerait un levier pour l’application de la généralisation progressive.
  • LB répond que le mot « discrimination » est exagéré et que s’il n’y a pas d’option LR au CRPE classique c’est parce qu’il existe un CRPE spécial uniquement pour les LR et pas pour les langues étrangères. C’est donc un équilibre. LB s’interroge d’ailleurs sur le peu d’engouement que suscite le CRPE spécial.
  • OP répond que certaines académies ne disposent pas d’un CRPE spécial, que faisons-nous alors sans CRPE spécial et sans option LR au CRPE classique ?

Nous abordons la question des moyens fléchés qui seraient une solution pour les académies qui ont une langue régionale VS celles qui n’en ont pas

  • SB : ce n’est pas prévu et nous sommes opposés à cette option. C’est aux Rectorats de gérer ce sujet. Chaque académie dispose de spécificités, les LR en font partie mais ne sont pas les seules. On n’a pas l’intention d’établir des moyens ministériels fléchés pour chaque spécificité.
  • JPC : Donc nous ne sommes pas d’accord sur ce point et nous maintiendrons notre revendication auprès d’autres interlocuteurs au besoin.
  • OP insiste en évoquant que cette position du ministère conduit à une inégalité républicaine rien qu’au sein de l’espace occitan. Entre les académies qui font partie du territoire de l’OPLO et les autres, entre les académies où le rectorat définit des moyens fléchés et celles où il n’y en a pas, entre les académies qui réunissent un CALR et celles qui ne le font pas

À ce sujet, la DGESCO répond qu’ils seront attentifs au respect des textes sur les CALR (deux par an)

  1. la demande d’intégration dans les programmes de français des littératures en Langues régionales (CF la pétition soutenue par la FELCO)

Nos interlocuteurs prennent note de ce souhait qui ne semble pas créer de divergence mais sans rien promettre. Nous les renvoyons vers la pétition qui à ce moment-là a recueilli plus de 7000 signatures.

  1. la question des manuels pour les filières bilingues

  • LB : nous sommes favorables à l’affichage de la gamme pédagogique pour chacune des langues régionales avec un outil de recherche par langue.

Ce thème est en cours de développement semble-t-il, avec une page EDUSCOL spécifique qui proposera plusieurs entrées par langues et par matière enseignée

 

  1. la publication des statistiques de l’enseignement des LR au niveau du ministère

Nos interlocuteurs partagent notre point de vue

  • LB : nous avons la volonté de clarifier et de publier. il annonce 120.000 scolaires dans les différents dispositifs (immersif, bilingue et enseignement de la langue) contre 130.000 annoncés par la FLAREP mais est conscient que les établissements n’entrent pas toujours les bonnes déclarations dans les outils. Il y a des différences d’interprétation donc forcément des erreurs. C’est aux CALR de veiller à la remontée des chiffres. « Nous avons besoins des chiffres pour évaluer les performances ». Mais la préoccupation du ministère est surtout d’évaluer le parcours et la réussite scolaires des élèves du bilinguisme et de l’immersif. Nous serons attentifs à l’évolution scolaire de ces élèves.

Nous ressentons notamment chez LB l’idée tenace que si les résultats sont meilleurs chez les scolaires qui apprennent une LR, cela vient du fait qu’ils sont issus d’un milieu à CSP+. Il a aussi dit à un autre moment qu’il privilégiait le qualitatif au quantitatif , ce qui est en «opposition» avec la loi Molac

  • MR & OP : ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous avons des exemples contraires et l’étude sur l’enseignement du basque le prouve, également le rapport sur la situation des enseignements optionnels au lycée de 2021

(JPC : il me semble qu’il faut dissocier les milieux d’où sont issus les élèves de l’école publique de ceux d’où viennent les élèves des écoles associatives. Mais c’est à vérifier)

  1. les subventions attribuées à notre fédération

  • JPC : « nous vous avons remis un graphique qui représente l’évolution de la subvention du MEN à notre fédération qui est la seule à promouvoir l’enseignement des langues régionales dans l’enseignement public alors que les langues régionales figurent dans la Constitution de notre pays. Donc si l’Etat aide et subventionne le patrimoine historique bâti, il doit faire de même avec cet élément de sa Constitution. A moins que ce graphique soit celui de l’évolution de la côte d’amour de nos LR ? ». Et que dire du versement annuel de la participation du MEN à l’OPLC qui n’a toujours pas été fait. Vous ne respectez pas votre signature. Alors comment ferez-vous pour accompagner l’Office public du flamand occidental dont M. Bergez a appelé la création de ses vœux lors de notre dernière rencontre. Nous demandons que ces problèmes puissent être rapidement résolus »
  • SB : « ça représente des sommes importantes »
  • JPC : « depuis 3 ans nous voyons des milliards passer au-dessus de nos têtes alors que dans le cas que nous vous exposons, nous ne sommes même pas à l’épaisseur de la poussière qui recouvre ce dossier. Nous comptons sur vous pour régler ces problèmes »

(JPC : 400.000 euros représentent 0,0007 % du budget de l’EN qui est d’ailleurs en hausse de 6,15 % cette année)

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La rencontre se clôture vers 12h50, ce qui était très court au regard de l’ordre du jour. Nous n’avons donc pas pu entrer dans les détails de chaque point.

Malgré la force de certaines de nos remarques et revendications, nos interlocuteurs sont toujours restés courtois et attentifs à trouver des solutions (sauf pour les moyens fléchés).

Je propose que, au-delà, du compte-rendu interne, nous établissions un compte-rendu épuré à leur transmettre afin de leur proposer de compléter les réponses si nécessaires et de nous revoir au 2ème semestre.

 

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