La délégation, composée de Nadège Biot (SE-UNSA), Myriam Vermale (FSU), et Marie-Jeanne Verny (CREO Lengadòc), a été reçue par M. Bégorre, DASEN-Adjoint et M. Manot chef de cabinet du DASEN suite à la demande d’audience disponible sur sur ce lien.
Voici les principaux points abordés
Absence de la DSDEN au groupe de travail « occitan » de novembre
Cette absence est une première dans l’Académie : nous avons rappelé que ces groupes de travail, mis en place récemment, permettent de travailler longuement et efficacement sur des problèmes concrets ciblés sur chaque département et ainsi de faciliter la préparation des Conseils académiques des langues régionales qui doivent traiter en 2 h une grande quantité de dossiers répartis entre les 4 départements occitan, un département catalan.
L’autorité de la DSDEN est indispensable pour la qualité et le sérieux des travaux menés en groupe de travail départemental préparatoire.
Situation d’Aurélie Dieudonné, conseillère pédagogique départementale (CPD)
Celle-ci, qui donne toute satisfaction depuis 3 ans dans son poste de CPD, a été ajournée deux années de suite au CAFIPEMF (certificat d’aptitude aux fonctions d’instituteur ou de professeur des écoles maître formateur). Il s’agit d’un diplôme généraliste, préalable pour pourvoir ensuite passer un diplôme de certification spécialisé dans telle ou telle discipline, changement récent puisqu’il n’y a pas si longtemps, on pouvait présenter d’abord un diplôme spécialisé correspondant à sa discipline de travail.
M Bégorre a répondu que l’obtention de ce diplôme était nécessaire à ses missions de formation dans le cadre de son poste de conseillère pédagogique.
Pour la délégation, il est hors de question de remettre en cause la souveraineté du jury pas plus que la nécessité de ce diplôme dans le cadre de la fonction de conseillère pédagogique. Il s’agit de pointer la gravité humaine et pédagogique de la situation qui serait induite par un nouvel échec : l’abandon du poste de CPD par notre collègue qui serait ainsi découragée mettrait à mal toute une organisation du travail qui donnait satisfaction. Il y aurait ainsi le risque de fragilisation de l’édifice d’animation et de formation construit par Aurélie Dieudonné si elle venait à retrouver un poste de professeure des écoles.
Nous avons également demandé si le poste de CPD occitan serait reconduit l’année prochaine.
M Bégorre nous a répondu qu’il n’était pas prévu de supprimer ce poste.
La représentante du CREO souhaite que le jury soit informé des compétences acquises par notre collègue, de son savoir-faire spécifique qui est un plus dans son profil et qui correspond au plan de développement académique de l’occitan voulu par le Rectorat.
La formation continue des enseignants dans le Gard
La délégation a abordé la question de la carence en ressources humaines compétentes pour enseigner l’occitan. Cette carence est régulièrement pointée lors des groupes de travail.
Or, la formation continue en occitan dans le Gard est doublement touchée par
- des refus de départ pour la semaine de stage académique concernant 3 d’enseignants du premier degré (sur 5 prévus en juin pour le Gard)
- le refus renouvelé deux ans de suite de formation Ensenhar 1er degré.
Le stage académique
La délégation considère que le refus d’autoriser 3 collègues sur les 5 prévus en juin pour participer à ce stage a été inéquitable pour les collègues gardois. Par ailleurs, elle a privé le département de collègues motivés pour participer au développement de l’enseignement de l’occitan.
Monsieur Bégorre constate que cette formation est la seule organisée totalement en présentiel , et ainsi souhaite qu’on réfléchisse à des formules hybrides comme cela se met en place pour les autres formations de l’École académique de formation continue EAFC, qui se font en partie en visio, et pas forcément sur un temps continu.
La représentante du CREO fait remarquer qu’il s’agit d’une immersion linguistique absolument nécessaire pour que des collègues puissent s’installer dans la langue : enseigner en langue 12 h par semaine demande une autre sécurité linguistique que de faire quelques heures mensuelles d’initiation à la langue.
Pour le stage 2026, Monsieur Bégorre s’engage à laisser partir 5 collègues pour le département du Gard. Le stage académique se déroulera sous sa forme actuelle (en présentiel) dans le Gard à la rentrée 2026.
La formation Ensenhar Professor
Monsieur Bégorre explique le refus de la DSDEN par le manque de moyens, les suppressions de postes (-27 pour le Gard à la rentrée prochaine) que le Ministère justifie par une baisse démographique et ce qu’il considère comme prioritaire : ruralité, inclusion scolaire (PAS), éducation prioritaire…
La délégation est bien consciente de la situation démographique du Gard mais la FSU souligne que les priorités sont aussi pour les dispositifs comme l’enseignement de l’occitan et demande une dotation supplémentaire en postes auprès du ministère comme cela est le cas pour les dispositifs de moins de 3 ans. MJ Verny rappelle que la convention Etat / Régions acte 40 postes annuels dédiés à la formation Ensenhar pour les 4 académies concernées, c’est-à-dire une moyenne de 2 départs en formation par département. Elle rappelle que chaque groupe de travail occitan départemental pointe la carence en ressources humaines compétentes pour enseigner notamment en classe bilingue.
Monsieur Bégorre est très pessimiste concernant la faisabilité du dispositif pour l’année 2026-27 dans le département mais il fera remonter les demandes.
La délégation souligne que le plan de développement voulu par la convention a été signé par l’ensemble des partenaires et qu’il ne pourra être mis en place sans l’octroi de moyens spécifiques ministériels dédiés à l’enseignement de l’occitan et permettant d’abonder les ressources académiques.
La formation sur le temps personnel
Une représentante syndicale fait remarquer les efforts de formation des collègues sur leur temps personnel : dispositif DAL « devenir autonome en langue » (18h) pris en charge par la conseillère pédagogique plusieurs mercredis après-midi. Puisque les formations sont refusées par l’administration, la FSU demande à ce que ce temps de formation (DAL) soit décompté des heures d’animation pédagogique (18h) pour les enseignants du premier degré.
Autres problèmes abordés
– La continuité collège / lycée (cas de Milhaud)
– La vigilance sur les emplois du temps, les heures d’occitan étant trop souvent positionnées sur des créneaux peu attractifs
M. Bégorre est bien conscient de cette difficulté et suggère que l’IPR d’occitan soit informé des cas problématiques
– L’information des familles : L’an dernier, l’information adressée aux familles concernant la possibilité de choisir l’option « langue occitane » est intervenue trop tardivement, ce qui a conduit à seulement quatre inscriptions au lycée de Milhaud. Une vigilance particulière est donc demandée afin d’anticiper la communication et de consolider le vivier d’élèves jusqu’en classe de terminale.
M. Bégorre s’est engagé à revenir vers le chef d’établissement sur ce point.