On trouvera ci-après le résumé en français de ces deux romans historiques, écrits dans une langue occitane du Rouergue d’une grande richesse. La lecture est facilitée par un lexique final. Ces deux ouvrages ont été présentés aux apéritifs littéraires de l’Estivada 2026. L’auteur nous a notamment informé.es sur l’important travail qu’il a effectué sur les sources historiques qui lui ont permis de donner vie à son personnage principal qui ira de son Rouergue natal jusqu’au nord de l’Italie où se sont réfugiés les « Cathares » (un nom qu’il n’emploie pas pour des raisons historiques qu’il nous a expliquées suite aux croisades et aux persécutions de l’inquisition.
Ouvrages à commander à l’adresse https://www.grelhroergas.com
La Patz del rei e de la Glèisa, L’Escudièr de Castèl-Marin, tome 1
L’histoire se déroule sous le règne de Raymond VII de Toulouse, de 1222 à 1249.
Au début, le décor est le village de Castelmary (canton de La Salvetat-Peyralès) : Augier, fils du forgeron du village – du moins, c’est ce qu’il croit – devient l’écuyer du seigneur de Castel-Marin. Mais il apprendra qu’il est en réalité le fils d’une femme de Lavaur, devenue « bonne chrétienne » après les massacres perpétrés par les croisés (1211). Dès lors, sa vie en sera bouleversée…
Comme tout bon roman historique, ce roman mêle la fiction romanesque à la vérité historique afin de faire mieux connaître au lecteur la société de l’époque dans sa complexité : place de la femme, libertés publiques, place et pouvoir de l’Église officielle, relations féodales entremêlées, lumières de la civilisation occitane, croyances religieuses du peuple et des bons hommes – révolutionnaires pour le Moyen Âge.
En occitan languedocien, avec court lexique occitan-français, liste des personnages et courte bibliographie à la fin de l’ouvrage.
Los camins de l’exilin L’Escudièr de Castèl-Marin, tome 2
Nous sommes maintenant au milieu du 13e siècle, après la chute de Montségur.
Pendant des années, Augier, devenu chevalier, a été un fidèle du comte Raymond VII de Toulouse, mais maintenant que le nouveau comte est Alphonse de Poitiers, frère du roi de France son sort est bien incertain.
Dans l’auberge de Toulouse où il s’est réfugié, Augier remarque une servante prostituée par l’aubergiste, Césarine, et ses deux filles…
Extrait :
« … Un soir, qu’il y avait peu de clients, et que les filles s’étaient cantonnées auprès du feu, elle se confia :
‘Vous voulez savoir pourquoi je fais la putain dans ce bordel ?
– Je vois bien que vous ne l’avez pas fait de votre propre chef, mais vous n’êtes pas seule, vos grandes filles n’y sont pour rien et cela me bouleverse.
– Non, le choix, je ne l’ai pas eu, et je ne l’aurai pas ; mon mari a été dénoncé comme hérétique et ils sont venus le prendre. Je ne l’ai pas revu depuis plus de six mois. Ce jour-là, avec mes filles, nous étions sur la grande place du marché. Des voisins, qui avaient tout vu, sont venus m’informer des événements et depuis, je me cache. Je ne suis plus allée tourner du côté de la maison, d’autant plus que maintenant, ils l’ont ravagée et ruinée de fond en comble. Je sais que de ce jour, je suis devenue veuve et qu’il faudra me débrouiller seule.
– Je me pense que le patron sait tout cela et qu’il marchande son silence contre ton corps, je me trompe ? » (p. 20-21).
(pour lire le texte en version originale, passez sur notre page occitane).
Ne trouvant plus sa place dans cette société désormais soumise au roi et à l’inquisition, Augier prend Césarine et ses filles sous sa protection et décide d’entrer au service d’Ermengaud, qui fait du négoce dans toute la Méditerranée : une bonne occasion pour lui et ses protégées de gagner l’Italie, où se sont déjà réfugiés nombre de « bons hommes » et de « bonnes dames »…
Un roman historique prenant, en occitan languedocien, avec court lexique occitan-français à la fin de l’ouvrage.
Éditions du Grelh roergàs.