5-05-2026 – Université Montpellier-Paul-Valéry – Route de Mende – l’Atrium : Transmettre l’histoire et la mémoire de la « guerre du vin ».

Pour cette dernière rencontre de l’année universitaire, les occitanistes du laboratoire RESO associent séminaire scientifique, rencontre du livre et spectacle vivant, en partenariat avec le Centre culturel universitaire, occasion de revenir sur 15 années de luttes du monde viticole languedocien, tragiquement achevées par la manifestation de Montredon en mars 1976

Rencontre accessible en visio sur le lien :

Le programme

17:30 : table ronde avec Laurent Cavalié, Marie Coume et Jean-Philippe Martin, animée par Yan Lespoux, MCF HDR en histoire occitane : comment dire et expliquer l’histoire, entre collecte de témoignages, documents d’archives ? histoire et mémoire, entre récit et construction mythique

18:30 : spectacle N’i a pro ! (ça suffit !)

Nos invités

  • Marie Coume et Laurent Cavaillé, récit, chant et musique, auteurs du livre N’i a pro (il y en a assez), concepteurs et interprètes du spectacle éponyme. Voir présentation à la suite

 

  • Jean-Philippe Martin, historien de la gauche paysanne, auteur du livre La Guerre du vin, éditions de l’Atelier, 2026, auteur également de Paysannes. Histoire de la cause des femmes dans le monde agricole, éditions de l’Atelier, 2025, Des mai 68 dans les campagnes françaises ? : les contestations paysannes dans les années 1968, éd. L’Harmattan, 2017. La Confédération paysanne aujourd’hui : un syndicat face aux défis du XXIe siècle, éd. l’Harmattan. Histoire de la nouvelle gauche paysanne : des contestations des années 1960 à la Confédération paysanne, éd. La Découverte, 2005.

Les ouvrages

Jean-Philippe MARTIN, La Guerre du vin : « Il s’est passé aujourd’hui des événements extrêmement graves dans la région de Narbonne […]. Des manifestants […] ont ouvert le feu sur des CRS, les forces de l’ordre ont riposté avec des pistolets-mitrailleurs. Le bilan est lourd, très lourd : deux morts […] une vingtaine de blessés. » C’est avec ces mots, le 4 mars 1976, qu’Antenne 2 ouvre son journal télévisé. Ce soir-là, la France est sidérée et le Midi viticole, qui lutte pour sa survie depuis des années, est en deuil. Mais qui se souvient aujourd’hui que Joël le Goff, commandant de CRS, et Émile Pouytes, viticulteur, sont tombés à Montredon-des-Corbières ? Qui se souvient de la « guerre du vin » ?

Marie COUMES et Laurent CAVALIE : N’i a pro ! Du Bout De La Ville Eds. N’i a pro ! : est le cri du cœur des ouvriers viticoles du Languedoc. Dans les années 1960 et 1970, refusant de se voir condamnés à la misère et à l’exil, des milliers d’hommes et de femmes se lèvent contre les négociants, l’État français et la transformation de leur pays en « bronze-cul de l’Europe ». Les auteurs sont allés à la rencontre de celles et ceux qui ont mené, avec humour et poésie, ces quinze ans de luttes insurrectionnelles au sein des Comités d’action viticole. Marie Coumes et Laurent Cavalié écrivent, interprètent et collectent des chants occitans depuis trente ans.

Le spectacle : N’i a pro !

« N’i a pro ! Ça suffit ! » Crièrent en occitan les vignerons languedociens condamnés à la misère et à l’exil, ceux qui ont mené 15 ans de luttes insurrectionnelles jusqu’à la manifestation tragique de Montredon des Corbières en mars 76. Ils formulèrent en leur temps une volonté farouche, déterminée et solidaire de vivre et travailler au pays. Marie Coumes et Laurent Cavalié ont recueilli leurs récits et les mêlent à la poésie occitane de l’époque, pour raconter en musique cette histoire.

Les morts de Montredon éclipsèrent aux yeux de tous la grandeur et la valeur de cette lutte, qui petit à petit, faute de transmission, est en train de s’effacer des mémoires. Il est urgent de raconter de nouveau cette histoire populaire de courage collectif, de colère et de solidarité.

Marie Coumes et Laurent Cavalié sont allés à la rencontre des anciens militants des Comités d’Actions Viticoles de l’Aude. Ceux qui ont mené leur combat des années 60 jusqu’à la manifestation tragique de Montredon des Corbières en mars 76. Ces vignerons formulèrent en leur temps une volonté farouche de vivre et travailler au pays. Par là même, ils exprimèrent une grande dignité à être « de quelque part », sans chauvinisme et loin de tout régionalisme. Ils menèrent une lutte si déterminée et solidaire, qu’elle est une source d’inspiration pour exprimer les colères contemporaines. La poésie occitane de l’époque a suivi de près les événements, des poètes y ont même pris part, et y ont trouvé un chemin de poésie de lutte.

Marie Coumes et Laurent Cavalié ont construit une veillée, pour redonner les paroles des anciens militants et leur regard poétique sur ce combat et pour rendre la fierté à ce mouvement , dont la fin tragique, avec les deux morts de Montredon, éclipsa la grandeur et la valeur de l’engagement. La mémoire de ces événements est en train lentement de s’effacer. Il est urgent de raconter de nouveau cette histoire populaire de courage collectif, de colère et de solidarité.

Marie Coumes e Laurent Cavalié, s’enanèron al rescontre de los qu’an militat dins los Comitats d’Accions Viticòlas d’Aude de las annadas 60 fins a la manifestacion tragica de Montredon en març 76. Aqueles vinhairons, diguèron a l’epòca, sa ferotga volontat de poder viure e trabalhar al país. Atal, esprimèron una din hitat bèla d’èsser « d’endacòm » sens chovinisme e fuòra de tot regionalisme. Portèron una luta talament determinada e solid à ria, qu’es venguda una sorga d’inspiracion per exprimir las colèras d’uèi. La poesia occitana de l’epòca seguiguèt de prèp los even iments, unis poètas i participèron, e i trapèron un camin de poesia de luta.

Marie Coumes e Laurent Cavalié an bastit una velhada, per tornar dire las paraulas dals ancians militants e lor agach poetic sus aquela batèsta e per tornar sa fiertat al moviment , que la fin tragica, ambe los dos mòrts de Montredon, eclipsèt la grandesa e la valor de l’engatjament. La memòria d’aqueles eveniments es a s’escafar lentament. Aquò preissa de tornar contar aquela istòria populara de coratge collectiu, de colèra e de solidaritat.

Laurent Cavalié, au récit et au chant :
Chanter, composer et s’ancrer dans la langue occitane comme un défi au temps qui passe, une réflexion sur soi-même et un discours face à toutes les dominations. Tel est l’engagement de Laurent Cavalié sur ces chemins de traverse qui le conduisent à être musicien, un pied dans le chant populaire et l’autre dans la création et l’improvisation. Il a fondé le groupe Du Bartàs (6 albums), écrit et compose pour La Mal Coiffée (7 albums), et joue dans le duo Verger Cavalié (2 albums). Après avoir obtenu le « coup de coeur » de l’Académie Charles Cros, pour son 2e album solo, il sort en 2022 l’album A la frontièra dels gigants dont il chante le répertoire seul en scène. Parallèlement, il mène un travail de recherche et de collectage sur les chants populaires des pays d’Aude.

Marie Coumes, au récit et à la musique :
« Ma vie artistique s’est forgée au gré de rencontres, avec le sentiment d’avoir su saisir les opportunités. Grâce aux auteurs occitans, j’ai appris mon histoire, découvert les chansons : je suis devenue chanteuse, notamment depuis 2001 dans le groupe polyphonique La Mal Coiffée. Plus récemment lors d’un stage, une rencontre déterminante avec Henri Gougaud m’a mise sur la route du conte. J’ai découvert là ce que pouvait être raconter une histoire…»

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