Ont participé à cette audience :
Pour le Ministère
En présentiel
- David Muller conseiller territoires et inégalités au cabinet Du Ministre de l’Education nationale,
- Yan Bruyère, sous-direction de l’enseignement scolaire, innovations, formations et ressources pédagogiques à la DGESCO
En distanciel
- Marine Lartopont, cheffe de service DGRH
- Nadine Colineau sous-directrice de l’attractivité des métiers et du recrutement, DEGESCO
Pour la FELCO
En présentiel
- Olivier Pasquetti, professeur certifié d’occitan langue d’oc, académie de Nice, président de la FELCO
- Marie-Anne Chateaureynaud, professeure des Universités Inspé de l’académie de Bordeaux, Université de Bordeaux. En distanciel
- Laure Bonnet, professeure des écoles titulaire du CRPE spécifique, maîtresse itinérante dans le Cantal, cotrésorière FELCO
- Virginie Lago, professeure certifiée d’occitan-langue d’oc, académie de Toulouse, cosecrétaire FELCO
Préambule
L’audience est introduite par Monsieur David Muller qui laisse la parole à Olivier Pasquetti.
Olivier Pasquetti remercie pour cette audience et présente le travail mené par la FELCO. Il rappelle que sur 8 millions d’élèves dans les académies occitanes, seulement 99 000 reçoivent un enseignement d’occitan langue d’oc, toutes modalités confondues. Cela ne représente que 3,3 % des élèves qui reçoivent un enseignement de ou en occitan. Il détaille ensuite les pourcentages dans chaque académie et met en évidence les inégalités entre ces académies. Il rappelle que dans le cadre de la loi Molac, la marge de progression est encore très forte pour parvenir à l’objectif de l’article 7 de cette loi (Art. L. 312-11-2 du Code de l’Éducation). Un simple doublement de ces chiffres permettrait un début de dynamique.
David Muller demande si la FELCO et/ ou la DGESCO disposent des chiffres sur les effectifs et l’évolution sur plusieurs années afin de les mettre en regard avec l’évolution démographique.
Selon les représentants de la FELCO, la question des chiffres est cruciale, c’est la raison pour laquelle la délégation a travaillé sur les effectifs à partir des chiffres donnés dans les différents CALR. Ces chiffres ne sont communiqués que depuis peu, Il est donc difficile d’établir un comparatif sur de nombreuses années. Il serait d’ailleurs normal que le ministère de l’Education nationale fournisse ces chiffres. Toutefois, les remontées de terrain, permettent, hélas, de confirmer une baisse des effectifs significative en lycée depuis la mise en place de la réforme du bac.
Les zones sinistrées
Laure Bonnet prend la parole au sujet des inégalités entre académies.
Elle explique que la FELCO emploie l’expression « d’académies sinistrées » à propos des académies de Limoges, Clermont, Grenoble et des départements alpins de l’académie d’Aix-Marseille suite au constat d’importantes inégalités entre ces zones (qui représentent 8 des 32 départements concernés par l’occitan-langue d’oc).
Plusieurs facteurs freinent le développement de l’enseignement de l’occitan dans ces académies :
- 1er frein : certaines académies n’ont pas de convention et les différences avec quoi ? sont significatives. Exemple dans le Cantal : pas de bilinguisme à parité et seulement 1,5 postes de maîtresses itinérantes.
- 2ème frein : une absence de formation initiale des maîtres, et une absence de concours spécifique dans les zones concernées qui n’offrent pas non plus de formation continue. Il n’y a donc peu ou pas de formation non plus.
- 3ème frein : les conditions de travail sont difficiles. Par exemple dans le Cantal, on ne peut proposer que de l’initiation.
La Formation et les concours
Premier degré
Marie-Anne Chateaureynaud revient également sur la formation initiale : certaines académies organisent les concours spécifiques, d’autres non. Les moyens sont extrêmement variables selon les Universités et les INSPE, ils sont parfois inexistants. La FELCO demande que la formation des maîtres soit organisée dans chacune des 8 académies concernées, au sein desquelles doit être proposée une formation à la licence de professorat des écoles bilingues et au Master correspondant avec des stages effectués systématiquement dans les écoles bilingues. La FELCO demande également que l’occitan soit ajouté au choix des langues possible lors du CRPE non spécifique.
Des Masters « nouvelle formule » sont en train d’ouvrir mais les étudiants ne peuvent pas s’inscrire car ces formations ne sont pas affichées sur la plate-forme https://monmaster.gouv.fr/formation.
Second degré
Alors que l’on constate une carence quant aux ressources humaines, le nombre de postes offerts au CAPES (3 pour 32 départements à la session 2026) est très insuffisant et l’inégalité avec les autres langues est flagrante.
Olivier Pasquetti interpelle les représentants du Ministère : comment rendre le concours attractif avec un nombre de postes aussi réduit ? Il propose d’envoyer un premier signal clair et positif pour les candidats, mais aussi pour les acteurs de terrain qui constatent la carence des ressources humaines en doublant le nombre de postes. Le passage de 3 à 6 postes serait le signe d’une réelle volonté politique.
Au sujet des maquettes des épreuves des concours non spécifiques, on nous explique que les LR ne sont pas proposées car ces concours sont construits sur les anciennes maquettes. Les langues régionales ont donc été réservées aux CRPE spéciaux.
Marie-Anne Chateaureynaud intervient pour expliquer que les deux concours concernent des publics différents. Elle regrette cette configuration car les possibilités de formation optionnelle pourraient être intéressantes pour sensibiliser aux langues et cultures régionales un plus grand nombre de futurs maîtres.
Madame Lartopont, responsable de la DGRH, sollicitée par David Muller pour répondre sur la question du nombre de postes au concours et de la réforme des concours, explique les procédures de détermination par le Ministère du nombre de postes aux concours : chaque année, les cartes sont rebattues, les choses ne sont pas figées. Les postes sont déterminés selon les besoins des académies et les remontées de besoins. Elle déplore également des places parfois laissées vacantes. Sur la formation initiale et continue la main est largement laissée aux académies concernées.
Les représentants de la FELCO rétorquent que c’est « le serpent qui se mord la queue ». Le ministère renvoie sur les remontées des académies qui elles-mêmes renvoient sur les moyens que leur attribue ministère.
Conventions et programmes
Les représentants de la FELCO rappellent que la nouvelle convention-cadre reste très éloignée des objectifs de la Loi Molac et n’intègre que trop peu les modalités d’application de cette loi. Ils demandent que les futures déclinaisons académiques soient plus ambitieuses et plus précises dans les objectifs que la convention-cadre. Ils déplorent aussi une convention « politiquement correcte » qui n’engage pas grand monde. Ils précisent que jusqu’à présent, les déclinaisons académiques n’ont pas été plus ambitieuses que la convention cadre.
La DGESCO répond qu’un travail de ré écriture avec l’OPLO a été mené. La Convention sera signée sous peu par le ministre et les déclinaisons académiques verront le jour uniquement dans les académies couvertes par l’OPLO. La DGESCO se dit partenaire si d’autres initiatives se présentaient. La question des parcours impliquant une continuité pédagogique de l’occitan-langue d’oc sur l’ensemble de la scolarité est centrale dans la convention.
Monsieur Muller intervient pour rappeler qu’ un travail important est mené du côté de la DGESCO sur les programmes et leurs déclinaisons, Monsieur Muller tient à saluer cette initiative. Il lui semble important de mettre en avant la valorisation de l’occitan menée au sein de la DGESCO. Olivier Pasquetti rappelle que, s’ils sont conscients des efforts fournis quant aux nouveaux programmes, les enseignants d’occitan manquent cruellement de ressources pédagogiques.
Valorisation de l’occitan-langue d’oc au DNB et au baccalauréat et surpondération
Virginie Lago évoque la baisse de la valorisation et de l’accessibilité à l’option d’occitan dans le cadre du DNB en présentant les différences entre l’ancienne organisation et la nouvelle.
Elle demande que des moyens ministériels fléchés soient attribués aux académies qui ont la charge d’organiser un enseignement d’occitan.
Sur la question des examens, les représentants du Ministère expliquent que des échanges sont en cours, ils ne peuvent donc, en l’état, donner aucune réponse. Olivier Pasquetti intervient afin de rappeler que des ajustements seraient appréciés comme cela avait été le cas lors de la réévaluation des coefficients au BAC.
Au sujet des moyens fléchés, Monsieur Muller explique que les dotations ne sont pas en corrélation avec les cartes de formation des académies, les moyens sont ventilés par les académies ensuite en tenant compte de leur propre carte des formations.
Laure Bonnet rappelle que les académies occitanes sont aussi composées de zones rurales et que quand le cantal perd 11 postes il est difficile de promouvoir un enseignement de l’occitan sans que les moyens spécifiques soient alloués à cet enseignement afin d’éviter la mise en concurrence. Elle souligne aussi que, dans le cadre actuel pour le Cantal (1 poste et demi, sur des zones de montagne très étendues et un grand nombre de classes et d’élèves) les conditions de travail difficiles nuisent gravement à l’attractivité du métier.
Pour conclure, Olivier Pasquetti insiste sur le fait que nos principales revendications et demandes relèvent d’une question de volonté politique et que les efforts financiers demandés sont, somme toute, mesurés.
La FELCO remet l’ensemble des documents destinés au ministère. L’audience est levée à 15h50.