La fédération Pour que vivent nos langues regroupant les associations de défense des langues dites régionales a rencontré le mercredi 15 avril le conseiller en charge de la lutte contre les inégalités territoriales et sociales du cabinet du ministère de l’Éducation nationale, M. David Muller.
Ce rendez-vous avait pour objet de demander la mise en place des recommandations issues du rapport sénatorial concernant la mission d’évaluation de la loi sur la protection patrimoniale des langues régionales et leur promotion, dite Loi Molac.
À cette occasion, nous avions élaboré un document spécifique que vous pouvez retrouver ici (clic).
La fédération a particulièrement insisté lors de la réunion sur :
- l’élaboration au niveau national d’une politique publique en faveur des langues régionales en développant une véritable offre d’enseignement et l’attribution aux académies concernées de moyens spécifiques fléchés ”langues régionales” ;
- la prise en compte des langues régionales dans la formation initiale des enseignant.e.s, avec la création de Licences Professorat des Écoles (LPE) bilingues français-langues régionales, d’un Master Enseignement et Éducation (M2E) spécifique ;
- la sécurisation financière des réseaux associatifs d’enseignement immersif ;
- la possibilité de passer des examens dans la langue régionale lorsqu’elle est langue d’enseignement des matières concernées ;
- l’obtention des moyens liés à l’inscription récente des langues régionales intégrées à la circulaire de décembre 2021 comme la tenue de Conseils Académiques des Langues Régionales (CALR) pour Lille, Amiens, Lyon, Besançon et Mayotte ;
- la création et la signature de conventions Etat-Région pour l’ensemble des régions concernées par les langues régionales avec des objectifs quantitatifs et qualitatifs chiffrés ;
- le fléchage des moyens des Universités pour la création de formation initiale aux langues régionales.
Ce rendez-vous est, selon nous, une première étape pour des échanges plus poussés. Même si les échanges ont été cordiaux, de nombreuses questions restent sans réponse. Nous avons donc demandé la mise en place de réunions régulières pour suivre l’avancement des dossiers, ainsi que la constitution d’un groupe de travail avec les différents services concernés des Ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.
Pour que vivent nos langues a également souhaité insister sur le besoin de modifier l’article 2 de la Constitution française, toujours interprété de manière restrictive et systématiquement opposé à chaque avancée possible pour nos langues, et sur la nécessité d’adopter une loi linguistique globale.
La fédération Pour que vivent nos langues a été ensuite reçue par des député.e.s membres du groupe d’études “Langues et cultures régionales” de l’Assemblée Nationale pour une audition. Cette réunion a permis de leur faire part des échanges avec le ministère et d’envisager des initiatives communes.