On trouvera à la suite le dossier préparé par la délégation, composée de représentants du CREO et de représentants des organisations syndicales qui a servi de base aux échanges. Le compte rendu de ceux-ci suivra
La délégation
- Muriel Batbie, professeure d’occitan & présidente du CREO
- Gautier Couffin, professeur d’occitan & représentant Sud-Education
- Virginie Lago, professeure d’occitan & représentante FSU
- Cyril Lepoint, secrétaire académique Se-Unsa & professeur d’anglais
- Pierre Priouret, secrétaire académique Snes-Fsu et professeur de mathématiques)
Les représentants de Monsieur le Recteur
- Monsieur DENIS, secrétaire général
- Madame Rieux, adjointe du secrétaire général
- Monsieur DOUSSINE, IA-IPR d’Occitan
Introduction (présidente CREO)
Monsieur le Secrétaire général, Madame la secrétaire adjointe, Monsieur l’Inspecteur,
Nous vous remercions de nous recevoir aujourd’hui à notre demande pour faire un point de situation sur l’enseignement de l’occitan dans l’Académie de Toulouse. Je m’exprime ici en tant que présidente du CREO, aux côtés de mes collègues représentants syndicaux, dans une démarche que nous souhaitons à la fois constructive et exigeante, au service de la continuité et du développement de cet enseignement.
Notre objectif aujourd’hui est double :
- d’une part, vous faire remonter un certain nombre de situations de terrain, parfois préoccupantes, qui nous ont été signalées ces dernières semaines — avec un focus particulier sur le département du Lot ;
- d’autre part, faire un point d’étape sur les engagements et annonces récentes, notamment ceux évoqués lors du dernier CAEOC, afin d’en mesurer la mise en œuvre effective.
De manière générale, nous souhaiterons attirer votre attention sur certains décalages que nous constatons entre les orientations affichées en faveur de la consolidation et du développement de l’occitan, et certaines réalités locales qui fragilisent, voire mettent en difficulté, les parcours existants — parfois de manière progressive et peu visible.
Nous aborderons ainsi successivement la situation dans le premier degré, le second degré, puis dans l’enseignement supérieur, en mettant en lumière à la fois les points d’alerte, mais aussi les leviers possibles d’amélioration. Nous espérons que cet échange permettra d’apporter des clarifications, de sécuriser les dispositifs existants, et d’envisager des perspectives concrètes pour assurer une véritable continuité des parcours d’enseignement de l’occitan dans notre académie. Nous vous remercions par avance pour l’attention portée à ces éléments que nous allons détailler plus précisément dès à présent.
I- Premier degré
Menace d’une suppression de poste à l’école maternelle de Gramat (Lot)
Nous avons reçu cette semaine une alerte des enseignants de l’école de Gramat à qui la DSDEN a annoncé la suppression d’un poste. Actuellement l’école compte 5 postes (dont 1 surnuméraire afin d’assurer le parcours bilingue). Le poste supprimé serait celui d’une enseignante unilingue. Avec des effectifs d’ élèves constants prévus à la rentrée prochaine, les enseignants devront assurer le même service mais avec un enseignant en moins, dans des conditions dégradées en conséquence. Cette suppression de poste n’est pas conforme aux annonces faites lors du CAEOC par Madame Sarraute (DASEN), à savoir la consolidation des secteurs bilingues existants et une direction fléchée à Gramat.
Nous dénonçons ici une logique de destruction « à petits feu » des parcours bilingues non assumée par la DSDEN du Lot, comme cela s’est produit dans le passé à plusieurs reprises : suppression du poste de CPD Occitan en 2016, conditions de travail dégradées pour les collègues, non-accompagnement des équipes pédagogiques « classiques », découragement et départ d’enseignants, fermeture du parcours bilingue à l’école d’Assier, recours auprès du TA du collègue CDP, annonce de suppression de poste à l’école maternelle de Gramat.
La question se pose aussi de la continuité au collège de Gramat avec le départ en retraite progressive de la collègue enseignant la DNL.
En conclusion, le bilinguisme est sérieusement menacé dans le Lot alors même que trois communes ont voté des délibérations pour demander l’ouverture d’un site bilingue en premier degré : Salviac (continuité possible sur le collège), Figeac et Lalbenque. Les élus du CD 46 sont également des soutiens aux projets du développement du bilinguisme.
Autres situations
- Quel développement du bilinguisme est-il envisagé dans les département du Tarn et des Hautes–Pyrénées : Dans le département du Tarn, aucune ouverture depuis 2016 et fermeture de 2 sites : Monestiès en 2018 et à Castres en 2020.
- Qu’en est-il des créations de sites bilingues annoncées lors du dernier CAEOC : St Girons (09), Rignac (12), Cadours (31), Auch (32), secteurs de Montech et de Verdun (82) Nous demanderons confirmation.
- Qu’en est-il des créations de parcours renforcés annoncés lors du dernier CAEOC : Tarascon sur Ariège (09), Samatan (32)
- Ecoles de Pinsaguel (31) : après 6 années de COPIL à l’invitation du maire réunissant toutes les instances autour de la table, les inspecteurs de l’EN ont annoncé en février dernier que le poste fléché surnuméraire qui avait été évoqué lors des derniers GT et CAEOC ne sera finalement pas attribué à l’école. L’initiation à l’occitan pour toutes les classes sera reconduite « si le service de l’enseignante du 2nd degré -en sous-service- le permet ». Cette situation de manque de préparation de la part du Rectorat après 6 années d’investissement humain a été considérée comme inacceptable par les élus et a conduit Monsieur le Maire à le signifier dans le Compte rendu adressé à tous partenaires institutionnels.
- Lisle-sur-Tarn (81) : Après l’annonce de la suppression d’un parcours bilingue ouvert depuis 1 an à peine, les inspecteurs sont intervenus afin d’empêcher cette suppression. Les effectifs sont d’ailleurs à s’inverser : plus de bilingues que d’unilingues prévus pour la rentrée prochaine. Démonstration ici faite que lorsque la volonté des services de l’EN s’applique conformément à la demande de la convention académique et de la Loi, les parcours sont sécurisés.
II- Second degré
- Alerte des collègues sur la perte d’effectifs bilingues lors des liaisons école-collège puis collège-lycée. Ce problème a été signalé lors du GT académique du Tarn et Garonne qui s’est tenu le 20 mars dernier.
- Alerte des collègues sur la baisse d’effectifs globaux (options et bilingues) due au non-cumul d’options ou la mise en concurrence d’activités “maison” proposées par les établissements et non compatibles avec les enseignements de complément.
- Les heures d’option sont souvent insuffisantes (1h /semaine au lieu de 2h), ce qui dévalorise la discipline comparativement aux autres options enseignées dans les établissements. Cette absence d’horaire national contraignant pour l’option fragilise de fait son déploiement, en laissant place à des variations locales importantes.
- une demande formulée par un collectif de parents d’élèves de la Calandreta de Cintegabelle (31) en vue de la création d’une option au collège de secteur n’a pas été retenue par les services du Rectorat. Cette demande Cette demande d’ouverture d’option à Cintegabelle n nous semble cependant pertinente dans la mesure où aucun enseignement de l’occitan n’est proposé dans le secondaire sur le bassin d’Auterive (31), l’enseignement de l’occitan ayant été supprimé au collège d’Auterive il y a quelques années.
De manière générale, nous constatons un manque de développement de sites proposant l’occitan dans le secondaire et nous demandons dans quelle mesure ce développement sera envisagé, sachant que les professeurs du 2nd degré en sous-service vont être sollicités pour assurer les formations en INSPE et non pour développer l’enseignement de l’occitan dans les établissements du secondaire.
Une initiative de proposition de sensibilisation pour tous en lycée (niveau 2nde) a été expérimentée au lycée de St Orens (31). Nous souhaiterions que le Rectorat communique sur ce sujet et généralise cette expérience à tous les lycées.
De même, nous souhaiterions que soit renforcée et systématisée la sensibilisation généralisée en 6ème, dispositif qui a perdu du terrain au fil des années.
L’annonce du Ministère de suppression des bonus pour le DNB est un signal également très préoccupant pour la continuité des enseignements. Notre fédération la FELCO est intervenue à plusieurs reprises auprès de l’Inspection Générale et du Ministère. Nous souhaiterions savoir où en sont les négociations que nous savons en cours et demandons à ce que le Rectorat de l’Académie de Toulouse soutienne les enseignements concernés (langues régionales, toutes les LV, langues anciennes) en intervenant auprès du Ministère.
Etablissements dans lesquels des problèmes nous ont été signalées
- Collège de Cransac (12) : 2h uniquement pour assurer tous les niveaux : 1h (6ème) + 1h (5è/4è/3è regroupés)
- Collège Gambetta de Cahors (46) : manquent 2h pour assurer la continuité des parcours optionnels en 4è et 3è + dispositif Mare Nostrum
- Collège Les Clauzades à Lavaur (81) : manque d’heures afin d’assurer l’option à chaque niveau.
- Lycée de Castres (81) : refus de l’option occitan pour les séries technologiques
- Collège Ingres, Montauban (82) : heures annoncées insuffisantes (1 h par niveau) pour assurer la continuité en bilingue.
- Collège St Antonin Noble Val (82) : 1h par niveau en 6è et 5è. Option menacée.
III- Universités
- Formation LPE : le projet de nouvelle Licence de Professeurs des Ecoles intégrant une proposition de formation parcours occitan dans les INSPE de chaque département de l’Académie prévoyait initialement 160 heures de formation, insuffisantes afin que les étudiants acquièrent les compétences nécessaires à l’enseignement de l’occitan.
Les négociations INSPE/formateurs/Rectorat ont permis d’augmenter les heures de formation et de passer de 160h initialement prévues à 356 h a minima. Cette formation sera assurée par des professeurs du 2nd degré en sous-service.
- Formation Master 2E : négociation en cours. L’important est d’obtenir le même nombre d’heures de formation que l’existant afin de maintenir la formation sur les 2 sites historiques : Montauban & Tarbes, de former les étudiants à un niveau de langue équivalent C1 (cadre CECRL) et d’assurer un nombre de stages pratiques suffisant = nombre d’heures proportionnellement égal à celui de la licence