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À l’occasion des élections municipales 2026, le tissu associatif occitan montpelliérain s’est regroupé en un collectif
Nous avons pu rencontrer les principaux candidat·es (selon les sondages) : Mohed Altrad, Michaël Delafosse, Nathalie Oziol, Isabelle Perrein, Jean-Louis Roumégas et Philippe Saurel [classés ici par ordre alphabétique des noms de famille]. Nous avons globalement reçu un accueil bienveillant et une écoute attentive. Nous les en remercions.
Nous avons réalisé un travail d’information systématique auprès des candidat·es. Tous·tes ont par exemple découvert que la langue occitane est classée en danger sérieux d’extinction par l’UNESCO et est donc dans un état critique pour sa survie. Nous voulons croire qu’ils ont aujourd’hui pris conscience de l’urgence de la situation.
Nous avons souligné le fait que la population est très majoritairement en faveur des langues régionales, et pourtant nous commençons tout juste à en sentir les effets au niveau des élus ·es ou susceptibles de l’être. Nous notons d’ailleurs que très peu de candidat·es se sont emparé·es de la question de l’occitan lors de leur campagne.
Malgré tout, si, sur le principe, les candidat·es rencontré·es se sont montré·es favorables, ou nous l’ont semblé, à la plupart des propositions du Collectif Montpelhièr l’Occitana, nous n’avons pu obtenir d’engagement ferme de leur part, la discussion s’échouant souvent sur la question des budgets. Nous souhaitons rappeler que les mesures que nous prônons sont réalisables politiquement et budgétairement. Le coût de scolarisation d’un enfant en cursus occitan immersif ou bilingue est le même que celui d’un enfant scolarisé uniquement en français. La signalétique en occitan dans le tram ou en ville ne coûte pas plus cher que celle en français, etc. D’autre part, le soutien logistique et financier aux associations est aussi un élément qui est malheureusement resté dans l’ombre lors des échanges.
Pour notre collectif, la situation d’extinction imminente de la langue occitane nécessite une véritable politique d’exception culturelle occitane. La notion d’exception culturelle a prouvé son efficacité en sauvant des pans entiers de l’économie culturelle française. Nous devons donc pouvoir l’appliquer à notre langue qui est bien plus en danger que ne l’a jamais été le français. À titre d’exemple, parmi la multitude de radios disponibles dans l’Hérault, seule une radio associative, Ràdio Lenga d’Òc, offre un contenu d’actualité, culturel et sportif de qualité, presque exclusivement en occitan à toute heure de la journée et tous les jours de l’année. Son subventionnement au titre d’exception culturelle est nécessaire pour garantir la vivacité de la langue et par ricochet celui du tissu associatif occitan. Il faut donc absolument que les élus changent de paradigme.
Une langue, pour être vivante, a besoin de ses locuteurs. En ce sens, une augmentation importante du nombre des élèves scolarisés en occitan bilingue ou immersif est essentielle et nécessaire pour que la langue occitane retrouve une place dans l’espace public et soit transmise aux générations futures par ses nouveaux locuteurs. De même, une offre culturelle considérablement augmentée est nécessaire pour ne pas enfermer l’occitan dans l’école, en d’autres termes, pour que les élèves trouvent en dehors de l’école une langue et une culture vivantes et dynamiques. Cette langue et cette culture doivent être visibles et audibles dans l’espace public : radio, télévision, théâtres, cinéma, musique, sports, signalétique, transports…
En bref, nous observons un début de prise de conscience, mais la volonté politique et budgétaire n’est pas encore à la hauteur de l’urgence que la situation critique de la langue occitane impose. Une langue qui disparaît, c’est un morceau d’Humanité qui s’en va. Nous continuerons notre travail d’information et de pression auprès des candidat·es et des futurs élu·es.
Montpelhièr l’Occitana – Collectiu de 22 associacions occitanas montpelhierencas
- Association Amistats Max Rouquette
- Associations de gestion des Calandretas – Métropole de Montpellier : Calandretas dau Clapàs, dau Chivalet, de Candòla, dels Petaçons (Cournonterral), establiment Leon Còrdas)
- Association des parents d’élèves de l’école bilingue publique occitan/français Marie de Sévigné
- Association intercommunale de l’ouest de la Métropole D’aicí d’alai
- Cercle occitan de Montpellier
- Chevalet de Cournonterral
- Chœur d’Òc Nadalenca
- CREO Lengadòc – ensenhament public de l’occitan
- Inter’Cal – Intercalandreta Montpellier
- Juvinhac Occitan (Juvignac)
- La Garriga Lengadociana
- Lezards d’u per la Festa Fogassa (Murviel-lès-Montpellier)
- Med’OC dau Clapàs : association d’étudiants
- Ox’ivent (À la friche Mimi de Juvignac)
- PEN-Club occitan
- Ràdio Lenga d’òc
- Sport Tambourin Club Montpellier
- TIO – La Rampe – Teatre Interregional Occitan