Le CREO Lengadòc est membre de ce collectif de 21 associations. La première action de Montpelhièr l’occitana, préparée en commun a été l’interpellation des candidats sur leurs positions quant à la langue et à la culture occitanes.
Le compte rendu qui suit a été rédigé par Delphine Colras et Marie-Jeanne Verny, relu par Benoit Bolano, tous trois membres du bureau.
L’entrevue, accueillie par le Gazette café, que nous remercions des bonnes conditions de travail ainsi offertes, a duré deux heures.
Présents
- Pour la liste « Demain Montpellier » : Mickaël Delafosse, Boris Bellanger, Colas Valat
- Pour le collectif Montpelhièr l’Occitana: Alain Bessière (Cercle occitan de Montpellier), Jean-Louis Blénet (Calandreta, Rampe TIO), Benoit Bolano (CREO Lengadòc, professeur d’école bilingue publique), Bruno Cécillon (Radio Lengadòc), Marie José Dory (Nadalenca Chœur d’oc), Delphine Colras (CREO Lengadòc, professeur d’école bilingue publique), Noémi Gallesio (CREO Lengadòc, professeur d’école bilingue publique), Sébastien Loesener (Calandreta), Marie-Jeanne Verny (CREO Lengadòc, universitaire occitaniste, également présente sur la liste « Demain Montpellier » ). Quatre autres représentants de Calandreta étaient également présents.
Les échanges
Après un tour de table la réunion s’est ouverte par un préambule de Sébastien Loesener, qui avait été préparé collectivement en amont de la rencontre. Ce préambule rappelait brièvement les points qui ont été soumis aux listes candidates et insistait sur les valeurs d’ouverture portée par Montpelhièr l’Occitana, à l’opposé de tout enfermement identitaire et dans esprit d’ouverture républicaine. Il insistait également, au-delà des positions de principe, sur la nécessité d’une ligne budgétaire dédiée.
Michaël Delafosse a d’abord remercié les différents acteurs de s’être fédérés autour du collectif Montpelhièr l’Occitana afin de faciliter les échanges.
Il s’est montré en faveur des langues dans leur pluralité et a confié au collectif l’évolution de sa réflexion sur le sujet : les valeurs qu’il porte aujourd’hui ne sont pas les mêmes que celles qu’il portait à 18 ans où sa vision républicaine était plus fermée à la diversité. Il se déclare à présent en faveur d’un changement de la Constitution qui vise à reconnaître la pluralité des langues de France. Monsieur Delafosse est conscient que les associations qui animent le mouvement occitan font partie de ce qui permet l’ouverture au monde en réunissant enfants et familles de toutes origines.
Pour lui il est indispensable d’inclure l’occitan dans la pluralité des langues. Il souhaite une augmentation du nombre d’enfants apprenant l’occitan et il est conscient du besoin de garantir la continuité éducative jusqu’à l’université.
Concernant l’offre d’enseignement de l’occitan à l’école publique, Monsieur Delafosse nous a fait part d’une stratégie de mixité à l’Ouest de la ville où le nombre de classes en création est proportionnellement supérieur au nombre d’élèves attendus. De ce fait, il serait selon lui envisageable de créer un cursus bilingue à condition, a-t-il dit, que l’Éducation Nationale en donne les moyens humains. Cela contribuerait, comme c’est le cas de l’école publique bilingue occitan Madame de Sévigné, et suite à la maternelle bilingue Francis-Garnier, à l’apprentissage du vivre ensemble d’enfants issus de milieux sociaux différents.
La question de création d’une 4ème Calandreta a été posée. Monsieur Delafosse ne s’engage pas sur cette création pour des raisons financières (locaux et salariés)
Pour répondre au besoin urgent de visibilité de la langue, plusieurs points ont été abordés.
Monsieur Delafosse s’engage, s’il est réélu, à nommer un délégué à la langue / la culture occitane au sein de la ville. Le terme est à affiner mais il s’est engagé à ce que la mention « occitan » soit présente. Il a aussi pointé l’importance de nommer un élu (un conseiller ? Un maire?) au niveau de la Métropole.
Il s’est montré enclin à rendre l’occitan visible dans les noms de rues et nous a appris que des panneaux d’informations étaient en création pour informer qu’« ici on apprend l’occitan » et qu’ils seraient disposés devant chaque établissement concerné (écoles publiques et Calandretas).
Le collectif a fortement insisté sur une présence de la langue orale (dans les transports en commun par exemple). Pas de réponse précise sur ce point qui fera sans nul doute l’objet de nouvelles demandes pressantes.
Monsieur Delafosse a proposé également de lister les différents acteurs occitanistes (notamment en évoquant l’offre de scolarisation en occitan dans une école bilingue ou immersive) dans le livret d’accueil à destination des nouveaux Montpelliérains.
Pour la culture, Monsieur Delafosse a approuvé plusieurs leviers qui lui ont été proposés, que ce soit pour aider les petits théâtres (exemple de La Vista) en proposant davantage de séances en occitan, ou au niveau éditorial. Sur la visibilité de l’occitan au niveau de la Comédie du Livre, il est envisagé que la manifestation puisse s’étaler sur la place Max Rouquette afin de faire vivre le lieu et de créer du lien en proposant des lectures publiques.
L’importance d’informations sur l’occitan visibles à l’office de tourisme a été soulevée. Il a été demandé que des éléments concernant la culture occitane puissent être présentés dans une vitrine et que les agents continuent à être formés sur le sujet comme certains le sont déjà (exemple des visites guidées coanimées par un guide conférencier de la ville et un comédien occitan.
Monsieur le Maire – candidat a évoqué la possibilité de créer une « semaine occitane » qui fédérerait autour de la culture occitane à travers les différents acteurs réunis dans le collectif et mettrait l’accent sur la langue dans l’espace public (un gros travail de publicité est possible de la part de la mairie). Il a noté que des subventions pourraient certainement être accordées par l’Union Européenne pour un tel projet.
La question a été posée de la formation d’agents à l’occitan. La réponse a porté essentiellement sur le secteur scolaire. Afin de garantir une meilleure immersion dans la langue des élèves qui apprennent l’occitan, il pourrait y avoir un recrutement du périscolaire « mairie » avec mention « occitan » dans le Curriculum Vitae.
Enfin, le collectif a demandé à ce que soit fait un point annuel régulier des actions réellement menées. Pour l’enseignement public, il a été rappelé que la présence d’élus aux groupes de travail au Rectorat était nécessaire pour permettre d’avancer et montrer à l’administration de l’Éducation nationale l’engagement de Montpellier, aux côtés des autres collectivités territoriales.